Livres

VACCINE-BERTILLON, VERDÉ-DELISLE, BONNET (titre au dos)- Recueil factice de trois ouvrages, petit in-8, demi-basane violine, dos lisse à faux-nerfs et titres dorés (reliure de l’époque ; dos très décoloré ; rares épidermures ; intérieur sans rousseurs. Cachets de bbliothèque).

MED 031-1-BERTILLON (Docteur Louis-Adolphe) : Conclusions statistiques contre les détracteurs de la vaccine précédées d’un essai sur la méthode statistique appliquée à l’étude de l’homme. Paris, Librairie de Victor Masson, 1857. (2) ff. [faux-titre/imprimeur, titre]-VIII [table, préface]-235-(1) pp. L’auteur (Paris, 1821-Neuilly-sur-Seine, 1883), réfute, entre autres, les statistiques « antivax » données par Armand Bayard et Hector CARNOT (Paris, 1855 et 1857), dont le principe était erroné. Sans oublier VILLETTE de TERZÉ (voir infra, n° MED 085-2), lequel cite longuement VERDÉ-DELISLE (ci-dessous MED 031-2). Bertillon était médecin, sa thèse sur l’hygiène et la durée de vie fut soutenue en 1852 ; il exerçait à Montmorency, « campagne » huppée, dans laquelle Jean-Jacques Rousseau s’était installé en décembre 1757… Villette , bardé de ses titres aussi éminents que ronflants : fondateur de l’Ecole de Médecine mexicaine, Correspondant des Acad. de Méd. de la Nouvelle-Orléans et de Cadix, chirurgien major de la Garde Nationale du département de la Seine, et, Chevalier de la Légion d’Honneur, de l’Ordre royal de Charles III d’Espagne et du Christ de Portugal…. dénigrera, de manière insidieuse, le petit « provincial ». Le grand Bertillon, cofondateur de l’Ecole d’anthropologie de Paris, était un célèbre statisticien et démographe. Villette passera à la trappe, à moins qu’il ne s’y soit retiré.

Référence : MED031
MED 031-2- [« ANTIVAX »]-VERDÉ-DELISLE (Docteur Henri) : De la dégénérescence physique et morale de l’espèce humaine déterminée par le vaccin. [note *] Paris, Charpentier, Libraire-Editeur, 1855. VIII [faux-titre, titre, préface)-256pp. A partir du constat suivant : « L’espèce humaine dégénère : aux puissantes races des siècles passés a succédé une génération petite, maigre, chauve, myope (…)[à] l’esprit pauvre. LA CAUSE UNIQUE, C'EST LA VACCINE » (pp. V-VI), responsable de toutes les maladies : typhoïde, phtisie, paralysie des membres, aliénation mentale, etc. (table, p. 254). Il faut savoir que LA VARIOLE N’EST PAS UNE MALADIE, « elle provient d’un germe inné, elle est une crise naturelle inévitable » (p.218) : « Il n’y a point d’antidote à la petite vérole, il ne peut y en avoir, gardons nous surtout du préservatif [le vaccin] mille fois plus dangereux que le prétendu mal dont il préserve. Si nous tenons à atténuer LA CRISE QUE LE CRÉATEUR NOUS IMPOSE (…) revenons à l’inoculation » (p.247). « Il faut obtenir du gouvernement la suppression de cette contrainte [la vaccination] digne des temps barbares, qui livre d’autorité au vaccin tous les enfants, (…) qui met la loi (…) au dessus de la conscience et du droit paternel » (p.250). Un vœu pieux : « Si nous pouvons seulement obtenir le libre- arbitre sur ce point », en se battant d’arrache-pied contre « la routine épaisse, la mauvaise foi, l’inintelligence. FIN » (p.251). Ce récit très moderniste a été écrit plus d’un demi-siècle après la découverte de Jenner… Il faudra près de deux siècles pour qu’en 1980, la petite vérole disparaisse de la planète, sans intervention divine, grâce au vaccin. Le Covid a encore de belles années devant lui… Malgré ses préventions contre la sclérose de l’Académie de Médecine, l’auteur dédicacera son livre « A mon très honoré Confrère, le Dr de Paul. Hommage de l’auteur. V. Delisle ». Humour ? le Docteur Depaul était le Directeur de la Vaccine… [note*] le Docteur VERDÉ-DELISLE n’en était pas à son coup d’essai : dès 1839, il avait publié « De la petite vérole considérée comme agent thérapeutique des affections scrophuleuses et tuberculeuses, suivi de considérations nouvelles sur la nature de ces maladies, et sur les résultats funestes de la vaccine » (Paris, Béchet jeune, 122 pp.), BNF 31557723 (Gallica), ouvrage aussitôt réfuté par le docteur Paul-Joachim BERNARD : « Quelques réflexions sur la vaccine et la nécessité des revaccinations (…) en réponse au mémoire de M. le Docteur Verdé de Lisle intitulé De la petite-vérole, et des résultats funestes de la vaccine » (Paris, Béchet jeune et Labé, 1840, 48pp.)., BNF 30091076 (Gallica). Ce dernier semble n’être qu’un homonyme de Claude Bernard… Il exerçait en Seine et Marne, à Champeaux (77082), où il était « vaccinateur cantonal » (canton de Mormant (77720), aujourd’hui celui de Nangis).

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MED 031-3- BONNET (Henry) : Quelques observations sur la vaccine. Paris, Imprimerie de Moquet, 1857. Sans faux-titre, 46pp.[dont le titre]-(1)f. blanc (quelques taches claires éparse). Henry-François-Auguste BONNET (Coutances, 1828- Saint-Malo, 1900), médecin-psychiatre, propagateur de « l’immortelle découverte de Jenner » (p.5), apporte quelques précisions sur les différences entre variole, varioloïde et varicelle ; l’abus des revaccinations peut conduire à une certaine méfiance envers la vaccine, provoquant un « effet moral fâcheux » envers le procédé. Il faut donc « chercher par tous les moyens à fortifier (…) l’opinion favorable que le public a de la découverte de Jenner » (p.46). PROVENANCE : voir la fiche MED999, Introduction et généralités. Réunion aussi rare qu'intéressante, montrant bien l'âpreté du combat PROVAX-ANTIVAX. POUR LES GÉNÉRALITÉS ET LES PROVENANCES, merci de consulter la fiche « MED999 »

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Roland Gautier

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