Livres
Blaise Cendrars
Moravagine [hors commerce, signé par Cendrars à Marina Prado]
Référence : 0427
Paris, Grasset, 1926. Édition originale. Tirage de tête, l'un des 10 hors commerce sur papier pur fil, justifié comme "Exemplaire pur fil H.C. VIII". Envoi autographe de l'auteur à Marinette Prado, épouse de son ami Paul Prado.
In-12, 194 x 130 mm pour 362 pp. Relié plein maroquin havane avec charnières à la Bradel. Dos lisse, nom d'auteur et titre en caractères d'imprimerie dorés séparés d'un mince trait doré, encadrés de deux filets dorés, initiales en doré en queue, filets dorés à la coiffe et à la queue. Tranchefile. Gardes pourpres à motifs de trouées violettes, couverture brochée préservée. Dédicace de Cendrars à la page blanche suivante, au stylo bleu : "à Marinette, ce méchant livre, gage de ma bonne amitié. Blaise Cendrars 1926". Page de faux-titre, catalogue de titres déjà parus, page de titre, justification du tirage. Dédicace à l'éditeur de 1917 bien présente.
Roman parmi les plus connus, si ce n'est le plus connu, de Cendrars, Moravagine est une oeuvre complexe. Épopée de destruction qui inclut Goya, Bosch et Dante, le titre raconte l'histoire étrange d'un homme qui détruit, brise et pulvérise tout ce qui le lie et l'opprime. On y découvre de la folie, de la révolte, un crime gratuit, de la fuite dans les rêves, du sexe, de la violence et le constat perpétuel de l'absurdité du monde sur fond de conflit entre liberté et nécessité. Rédigé pendant la Première Guerre mondiale, Moravagine reflète le courant nihiliste qui se fera jour pendant les années 1920. Une inspiration qui n'empêchera pas Cendrars de connaître de vifs moments de bonheur.
"C’est chez le libraire Chadenat du quai des Grands-Augustins que Cendrars rencontre Paul Prado, en octobre 1923. Prado est à la fois un grand homme d’affaires qui gère ses plantations de café et l’un des premiers mécènes qui ont soutenu les activités culturelles des modernistes, lors de la Semaine d’art moderne de São Paulo en particulier. Très proche du peintre Tarsila do Amaral et du poète Oswaldo de Andrade qui lui ont présenté Cendrars chez Chadenat, il a répondu favorablement à leur demande d’inviter le poète au Brésil.
Le 12 janvier 1924, Cendrars a trente-sept ans et, heureux, embarque au Havre sur le Formose, en compagnie de Paul Prado et de sa femme Marinette. Il vit dans sa cabine de première classe où il a déposé sa Remington, avec l’intention de finir Moravagine déjà promis à Grasset." (Christine Le Quellec Cottier, Blaise Cendrars, un homme en partance)
Les années suivantes, Cendrars traversera plusieurs fois l'océan avec les Prado, avec qui il entretiendra un véritable chassé-croisé entre Paris, le sud de la France et le sud du Brésil.
Haut du dos frotté, léger frottement en queue, légers frottements également aux chasses supérieure et latérale du plat de couverture, très faibles rousseurs aux premières pages et près de certaines coupes. Intérieur frais, ensemble bien relié, page de dédicace préservée.
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Exemplaire unique de ce tirage de tête dédié par Cendrars à une proche et délicatement relié.
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