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CALET (Henri).

C.A.S. à Jacques Brenner.

Référence : 20660Langue : français
Au verso d’une carte postale avec une vue de Rabat, 23 janvier 1948.“Votre chronique de décembre m’a suivi au Maroc. J’aime beaucoup ce que vous dites d’America, et je suis content que cette vieille nouvelle vous ait plu. Je transmets à mon ami Georges HENEIN les lignes que vous lui consacrez. Nous rentrons à Paris dans un mois. Et j’espère que nous nous verrons alors...”

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1972 Le monde littéraire a ses images d'Epinal et certains écrivains se représentent volontiers avec leurs animaux domestiques. Quand Céline, Colette ou Léautaud vivent entourés de chats, Jacques Brenner, lui, prend la pose avec ses chiens, et surtout il prend leur défense : après avoir été leur avocat en 1972 dans son "Plaidoyer pour les chiens" de la petite collection "Idée fixe", il se porte partie civile avec "Humeur de chien" pour protester contre leur bannissement des jardins publics en 1985. Le pamphlet s'achève sur un "appel à la résistance" sous forme de pétition détachable qui, relayé par une campagne de presse, va rencontrer un large écho dans l'opinion publique.Des dizaines d'articles et plus d'une centaine de courriers de lecteurs enthousiastes sont conservés ici pour servir de dossier d'instruction. Une vingtaine d'écrivains soutiennent aussi son initiative, parmi lesquels Marguerite Yourcenar qui renvoie avec des mots aimables "pour un ami des chiens" la lettre que Brenner lui avait adressée : "Madame et cher Maître, en souvenir du temps de l'hôtel Saint-James, quand il vous arrivait de promener votre cocker dans le jardin des Tuileries, je me permets de vous demander si vous accepteriez de signer la lettre ci-jointe que je vais envoyer à M. Jack Lang".Ou encore Milan Kundera : "je refuse de signer des pétitions, mais la vôtre, je la signe avec grand plaisir !", et aussi Marcel Arland, Hervé Bazin, Béatrix Beck, José Cabanis, Alexis Curvers, Michel Déon, Jean Dutourd, Dominique Fernandez, Matthieu Galey, Roger Grenier, Eugène Ionesco, Michel Mohrt, François Nourissier, Bernard Pivot, Angelo Rinaldi, Christine de Rivoyre ou encore Jules Roy qui signe une émouvante lettre : "Votre 'humeur de chien' va regagner le rayon de ma bibliothèque où se serrent les amis des animaux. J'ai trouvé votre livre plein d'humour et plein de force et je me sens fier, d'être, si peu que ce soit, mêlé à des projets de protestation. J'aurais eu plaisir à aboyer sous les fenêtres du ministre de la culture (...) Je vous accorde que dans la somme des vices, des petitesses ou de la cruauté, l'homme dépasse tout. C'est le champion toutes catégories".L'écrivain et peintre-graveur René-Jean Clot dessine un amusant portrait-charge de Brenner avec un corps de bouledogue invectivant le ministre : "Lang aux chats !" Jean Lecanuet et Jacques Chirac l'assurent de son soutien, tandis qu'un anonyme lui adresse une authentique balle de 22 Long Rifle avec cette mise en garde : "Si je vois ton chien chier hors caniveau, je lui colle une 22 dans le cul ! Nous sommes voisins et avec un fusil à lunette c'est très facile !" Le dossier se complète de procès-verbaux et contraventions pour "chiens non tenus en laisse et divagation abusive dans l'enceinte du domaine Louvre-Tuilerie", du manuscrit de la lettre ouverte à Jack Lang et d'une liste de personnalités à contacter (Brigitte Bardot en tête !) pour les rallier à la cause. Excellent document.

Vignes Online
Vignes Online

Henri Vignes

Eymoutiers, France

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Livre au trésor
Livre au trésor

Hubert Colau

Authon-du-perche, France

10 000,00 €

86 pages in-4 ou in-8 sur papier ligné, 30 mars 1957 - 11 mars 1966. Très importante et très intéressante correspondance avec le fondateur, en 1953, de la revue littéraire Les Cahiers des Saisons. Réflexions sur des sujets divers et variés : la littérature bien sûr, commentaires sur différents articles de Brenner ou de ses amis, méthode, conseils et stratégies littéraires, l'art du service de presse, l'imagination, la critique, l'Académie (une ennuyeuse plaisanterie), le monde de l'édition, etc. La politique (la " droite " et la " gauche "), le " progressisme ", de Gaulle (ou plutôt " Gaulle " à la manière de Morand), l'Algérie, la guerre de 14, la résistance, les allemands, Weimar, etc. Mais aussi la radio, Roscoff, Nanterre, le mariage, les femmes, la " pédérastie ", l'amour, Freud et les " complexes ", etc. Sur ses propres ouvrages (articles dans Arts ou le " Journal de Bord " des Cahiers des Saisons), Demi-jour, Détachements, Femmes, etc. L'École de Barbézieux, les éditions Stock (en tant qu'éditeur) et la collection Le Cabinet Cosmopolite… Mentions de nombreuses personnalités des lettres : MORAND en tête bien entendu, Mathieu Galey, Bernard Frank, Nimier, J.-L. Bory, Paulhan, Fabre-Luce, Céline, Sartre, Sagan, Déon, Jacques Tournier, son fils Gérard Boutelleau, Guitry, A. Malraux, Solange Fasquelle, Josette Day, Béatrix Beck (polémique au sujet du " Déjeuner empoisonné "), Arland, J.-P. Caracalla, Nourissier, Montherlant, R. Martin du Gard, François de Curel, Clara Malraux, Madeleine Chapsal, K. Haedens, Caillois, Bernanos, M. Aymé, etc. Quelques coupures de presse dont deux avec les portraits savoureusement commentés de Montherlant et de Nourissier.Votre critique dans la revue des Voyages, c'est de la très belle critique ; forte, dense, et pourtant agréable. Il n' y a rien que j'admire comme la critique, quand elle est sérieuse. Le coté " inactuel " lui donne plus de poids encore. Caracolla (…) vous demandera de parler de Bains de mer de Paul Morand, et il a ses raisons : Morand collabore assez souvent ; et puis Mermod (l'éditeur du Bulletin où vous écrivez ; Lausanne) est en relation avec lui ; enfin le sujet est bien pour cette revue. (…) Je le dis, parce qu'il est permis de ne pas goûter comme moi la virtuosité de Morand. Elle m'éblouit parce qu'elle est l'opposé de moi ; et je la crois unique. C'est un jongleur ; mais pas un farceur ; il jongle avec des poids lourds (et quelle science des choses dans cette poudre brillante ; la poudre, c'est cet éclairage de projection électrique sur la page ). C'est un jongleur sérieux. C'est curieux, comme j'aime le sérieux (je parle de son Vienne). …Si on a une pensée ne jamais lui donner la forme trop arrêtée d'une maxime. Tout pulvériser. On ne se doute pas du travail que m'aura coûté ce souci de tout effacer. La pensée, le trait, la couleur, et jusqu'aux mots (jamais le mot le plus fort). Le mot " effacer " n'est pas tout à fait juste. Dissimuler plutôt ; non pas supprimer, mais incorporer. Un bon cuisinier, je crois, comprendrait cette recette. Tous les ingrédients (et jusqu'au travail lui même) doivent être fondus dans une lente cuisson. Jamais trop d'ingrédients, s'ils sont " fondus ". C'est là mon art. J'apprécie beaucoup l'opposé : la virtuosité, la couleur, même l'éclat, l'abondance, et même (rarement) les maximes. (…) Ce que j'ai voulu pour moi (parce que cela seul m'était permis), j'ai conscience de l'avoir réussi ; quitte à passer pour gris et ennuyeux. Cet art de " fondre " je le pousse à l'extrême, aujourd'hui, en tachant de fondre ensemble tous les genres ! On dit facilement : c'est du Chardonne, quand un livre offre bout à bout, des genres divers (…) Il s'agit, en réalité, de vraiment fondre ensemble ; obtenir une seule coulée, où les genres divers miroitent comme les couleurs variées de la mer. Cela demande un grand effort. Je crois que j'aurai réussi cette fusion dans mon prochain livre (la suite du " Ciel… ") et qui se nommera : Demi-jour. Il paraîtra en 1963 ou 64, je pense. Afin que l'on ne m'oublie pas, je publierai en février prochain (…) Femmes ; - contes choisis et quelques images - dans une édition demi-luxe. Toutes les nouvelles ont pour titre un nom de femme. La plupart, déjà publiées et presque inconnues, fortement corrigées ; quelques-unes inédites. Je les trouve bien… Je terminerai, en vous livrant mon message : Le Christ a dit : " Aimez-vous les uns les autres " c'est beaucoup trop demander ; nous le savons. " Surpassez-vous " a dit Nietzsche. Grande erreur, grand danger ; tel que vous êtes, cela suffit bien. J'adopte un conseil de Machiavel qui est modéré : " Ne soyez pas odieux ".

Bureau de la revue. Octobre 1963. In-12. Broché. Bon état, Couv. convenable, Dos satisfaisant, Intérieur frais. 40 pages. Nombreuses illustrations en noir et blanc dans et hors texte.. . . . Classification Dewey : 840-Littératures des langues romanes. Littérature française

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