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Livres
Référence : 0044Anonyme [Johannès Gros ou Renée Dunan]
Moi, poupée. Texte et eaux-fortes d'une jeune fille à la pageParis, À l'enseigne des petites vertus [Maurice Duflou], 1930. Édition originale clandestine. L'un des 350 sur vergé antique, celui-ci portant le numéro 219. In-12, 188 x 140 mm, 255 pp. Relié plein cuir lie-de-vin, dos à nerfs, titre et fleurons dorés. Couvertures bleutées conservées. Bien complet des 9 eaux-fortes hors texte sous papier de soie, dont une en frontispice. Attribué à Johannès Gros ou à Renée Dunan, illustrations attribuées à Courbouleix ou à P. Belotti, connus pour avoir illustré d'autres ouvrages érotiques clandestins de l'époque. Tranchefile. "Voici... un livre pratiquement inconnu, infiniment rare, qui ne figure sans aucune bibliographie spécialisée (Dutel désormais), à part l'excellent Private Case de Patrick J. Kearney, ni dans aucune (à notre connaissance) bibliothèque publique. On ne le trouve que dans de rares collections privées. Il est mentionné chez Alexandrian, sans aucun commentaire. Le livre fut publié (clandestinement, cela va sans dire) chez Maurice Duflou. Sa typographie est très reconnaissable. De même que son auteur, dont le style est également très personnel, est incontestablement Johannès Gros, comme l'appelle Alexandrian, ou Jean Gros, comme chez Patrick Kearney. A ce sujet, Patrick J. Kearney, apporte une confirmation intéressante à Alexandrian, page 198 de son Private Case, à la mention de Moi, Poupée, il écrit : "Dans une liste de livres offerts à la vente en 1977 par le collectionneur M. Alain Kahn-Sriber de Paris, il est énoncé que le pseudonyme "Spaddy" cache l'identité de Renée Dunan. Mon attribution à Jean Gros est prise du catalogue manuscrit de la collection C.R. Dawes, dans lequel M. Daves sous-entend qu'il a connu l'auteur de ces livres." Il est probable qu'Alain Kahn-Sriber, collectionneur averti, mais nullement bibliographe, s'était contenté de recopier ce que beaucoup croyaient à l'époque. Les témoignages d'Alexandrian et de C.R. Dawes sont beaucoup plus probants. Nous avons dit de Johannès Gros ou Jean Gros tout ce qu'on peut en dire. C'est-à-dire à peu près tout ce que l'on sait. Alexandrian, pour qui Johannès Gros est "l'héritier spirituel d'Andréa de Nerciat au XXe siècle", écrit très justement à son sujet que "[sa] perversité exaspérée, [son] style à la fois précieux et cru sont peu communs." Car "l'auteur se plait justement au contraste du maniérisme et de l'obscénité dans les propos et les actions de ses personnages.", et "Associant toujours le vice au luxe, se plaisant à imaginer des mondaines ravissantes se conduisant salement, Johannès Gros est le chantre de la beauté polluée qui sort intacte de ses souillures." Dans Moi, Poupée, on peut dire que Gros pousse à son maximum la volupté de se rêver dans les dentelles, les frous-frous et les robes soulevées à la moindre occasion d'une jolie mondaine, jusqu'à s'imaginer en être véritablement une, ce qui semble avoir été sa principale obsession. Nul doute qu'il se trouvera beaucoup de lecteurs pour partager ce fantasme." (Jean-Jacques Pauvert, Préface de la réédition de Moi, Poupée par La Musardine en 2012)
Dos frotté et bas du dos craquelé, charnières et chasses nettement frottées, rousseurs aux pages illustrées, l'eau-forte entre les pp. 175 et 176 est décousue. Pour autant, exemplaire complet, pages de texte fraîches, reliure solide. En l'état.
500,00 €
Livres
Référence : 0009Princesse Sapho [Genonceaux]
Le tutu. Moeurs fin de siècleParis, L. Genonceaux, 1891. Rarissime édition originale. Un volume in-12 relié, 19 x 12,5 cm, 319 pp. Relié demi-maroquin havane à coins, reliure moderne. Dos à 5 nerfs, nom d'auteur et titre en caractères d'imprimerie frappés dorés avec soulignement et surlignement dorés, pointillés aux nerfs, date en doré en queue. Fers de lance ton sur ton en prolongement des nerfs sur les mors, encadrement à motif de corde tressée aux limites des mors et des coins, papiers de plat marbrés à traits verts et dorés. Sans la couverture originale. Page de faux-titre avec une menue réparation au coin, page de titre. L'une des œuvres les plus mystérieuses de la littérature française. Éditée par Louis Genonceaux, qui bataillait contre la censure après avoir publié Rimbaud et Lautréamont, l’œuvre ne fut jamais mise en vente après impression et resta oubliée pendant des décennies avant sa redécouverte par le critique Pascal Pia. "Le hasard seul m'a fait découvrir ce roman... Tous les personnages du livres sont des excentriques, des extravagants, voire des monstres - au sens propre du terme. Le premier d'entre eux, Mauri de Noirof, épouse une riche héritière obèse et portée sur la boisson, engrosse une femme à deux têtes qui s'exhibait dans les cirques, subit le traitement grâce auquel un médecin procure aux femmes stériles comme aux hommes la possibilité d'allaiter, devient député, ministre de la Justice, et se livre en compagnie de sa mère à des orgies de débris anatomiques dans la garçonnière où Gabrielle Bompard et son amant avaient estourbi l'huissier Gouffé. Mauri et Madame de Noirof mère se délectent des Chants de Maldoror. Mauri les lit à haute voix, ce qui permet à l'auteur du Tutu d'en reproduire textuellement plusieurs pages (trois pages et demie du Chant troisième et six pages du Chant quatrième)." (Pascal Pia, la Quinzaine Littéraire, 1966).
Réparation à la p. 49-50 et à la p. 316, complet des 4 pages blanches en fin des chapitres I, IV, VI et IX, de la planche de musique céleste p.90 et de la composition symbolique de Binet en hors-texte. Taches et rousseurs sur de nombreuses pages qui ne gênent pas la lecture, menus trous de mite aux premières pages et aux toutes dernières également. Vendu tel quel. Selon la commissaire-priseur Vera Nunes, il n'existerait qu'une vingtaine d'exemplaires de cette édition originale.
650,00 €