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Référence : AMO-3953Édouard Montagne. Jules Clarétie (Préface).
Histoire de la Société des Gens de Lettres.Paris, Librairie Mondaine, A. Boeswillwald, s.d. (1889) 1 volume grand in-8 (25,7 x 17,5 cm) de XXII-494 pages. Nombreux portraits gravés. Reliure strictement de l'époque plein maroquin rouge vif, dos à nerfs richement orné aux petits fers dorés, plats décorés à la Duseuil, large jeu de roulettes et filets dorés en encadrement intérieur des plats, tête dorée, autres tranches non rognées, les deux plats de couverture conservés en parfait état. Boîte cartonnée à ouverture vers le haut (reliure de l'époque signée L. GRETZINGER). Superbe exemplaire, comme neuf. Intérieur parfait, immaculé, sur beau papier vélin. Édition originale. Exemplaire unique imprimé pour l'auteur sur papier vélin de cuve (non justifié). Exemplaire de l'auteur, relié pour sa bibliothèque par son relieur (Louis Gretzinger). On joint une carte autographe de l'auteur avec son nom en tant que membre de la Société des Gens de Lettres. Edouard Montagne (1830-1899) était romancier, librettiste, auteur dramatique et vaudevilliste français (surtout). D'abord économe de l'hôpital des Enfants, il devient journaliste et collabore au Mémorial diplomatique, au Figaro et à Gringoire. Ses pièces ont été représentées sur les plus grandes scènes parisiennes du XIXe siècle : théâtre des Délassements-Comiques, théâtre Beaumarchais, théâtre des Folies-Dramatiques, théâtre de l'Ambigu-Comique, etc. Montagne est aussi (et surtout) connu comme le délégué du comité de la Société des gens de lettres, auquel Octave Mirbeau s'affrontera lors de l'affaire Zola-Jean Grave, en août 1891. Nous comptons une vingtaine de pièces de théâtre écrites entre 1854 et 1880, dix romans publiés entre 1866 et 1893, un recueil de nouvelles publié en 1885, et cinq ouvrages dit d'érudition sur divers sujets. Son Histoire de la Société des Gens de Lettres est un ouvrage érudit, très complet et très estimé. Exemplaire relié pour l'auteur sur ses recommandations, en plein maroquin rouge, comme tous les ouvrages de sa bibliothèque que nous avons pu étudier. Louis Gretzinger, relieur à Paris, 45 rue de Sèvres, fut semble-t-il son unique artisan-relieur. Nous possédons plusieurs autres ouvrages reliés dans le même style à la même époque (dans les années 1875-1890). Les reliures de Gretzinger sont assez rares sur le marché et celles que nous avons sous les yeux démontrent un savoir faire de qualité, digne des Chambolle-Duru et autres Allô, relieurs à la même époque. Nous tenons à disposition des amateurs une petite étude que nous avons réalisée sur ce relieur méconnu. "Depuis décembre 1837, jour où Louis Desnoyers, alors directeur du Siècle, fonda la Société des gens de lettres, cette institution a rendu assez de services aux écrivains individuellement et, par suite, à la littérature en général, pour que tout ce qui se rapporte à son histoire soit utile à connaître, lorsqu'on s'intéresse au mouvement intellectuel contemporain. François (de Neufchâteau) avait bien, dès 1802, essayé de centraliser et de solidariser les efforts et les intérêts de la République des lettres, comme on disait encore, en fondant une Société en faveur des savants et des hommes de lettres, ouverte au public tout entier. Mais cette Société, institution de protection bien plus, que de confraternité et d'appui mutuel, dura peu. De nouveau, comme le disait Balzac, "notre famille littéraire s'en allait éparse dans les mille sentiers de la publicité; on a voulu la grouper, la constituer fortement, sagement, dans des conditions d'unité imposante. On a entendu créer un centre où les forts tendissent la main aux faibles, où les ressources de l'association vinssent en aide aux misères de l'isolement." Et l'on y a réussi. Sans être aussi convaincu que l'éminent auteur de la préface, M. Jules Claretie, que tout ce qui s'est fait dans la Société a été bien fait, et que les passions peu avouables, disons le mot, les vilenies de la nature humaine ne s'y soient de temps en temps fait jour, je reconnais hautement et avec tous qu'à ces réserves près, auxquelles n'échappe aucune institution humaine, l'oeuvre de la Société des gens de lettres est bonne et qu'il n'y a point d'exagération à dire qu'elle mérite bien de la patrie. Il y a plusieurs années déjà qu'une commission spéciale avait été nommée, au sein même de la Société, pour faire l'histoire de sa formation, de ses développements et de ses travaux. Mais des causes diverses, dans lesquelles la mort a été le grand facteur, avaient empêché cette commission de remplir sa tâche. Seuls, MM. Élie Berthet et Charles Joliet avaient individuellement taillé quelques pierres, amené à pied d'oeuvre quelques matériaux pour l'édifice projeté. La Société a donc choisi un délégué spécial, M. Montagne, pour compulser ses archives et rédiger, du moins, sa chronique. « C'est moins une histoire sans doute que des mémoires familiers que nous donne aujourd'hui M. Montagne, dit fort justement M. Clarétie mais combien de faits intéressants, combien de noms illustres ne rencontre-t-on point dans ces pages, échos des séances de nos comités. Ce livre valait la peine d'être publié il ajoute un chapitre à l'histoire littéraire de ce temps. Chapitre documentaire, où les faits sont classés à leur date et sans phrases par un annaliste scrupuleux. Ce livre est, on peut le dire, la collection des bulletins de notre grande, armée littéraire. Avec un profond scrupule et une conscience rare, M. Montagne les a réunis depuis longtemps et les publie aujourd'hui. C'est le don d'avènement qu'il offre, pour le cinquantenaire, à la Société maintenant solide et respectée. Ajoutons que de nombreuses gravures, suffisamment exécutées et bien venues, donnent les portraits ressemblants des membres les plus célèbres de la Société." (Bernard-Henri Gausseron, in Le Livre, Bibliographie moderne, livraison n°101 du 10 mai 1888). Splendide exemplaire de l'auteur et relié pour lui de cet important ouvrage documentaire.
1 850,00 €
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Référence : AMO-3209Emile Zola
Au bonheur des dames. [Onzième volume des Rougon-Macquart, Histoire naturelle et sociale d'une famille sous le second empire]. Par Emile Zola.Paris, G. Charpentier, 1883 [imprimerie A. Lahure, Paris] 1 fort volume in-18 (18,7 x 12,7 cm) de 521 pages. Reliure bradel demi-chagrin rouge, dos lisse orné de fers dorés, pièce de titre de basane brun/vert, plats de papier marbré, doublures et gardes de papier peigne (reliure légèrement postérieure - vers 1900/1910). Tête dorée, non rogné (ébarbé) pour les autres tranches, les couvertures jaunes imprimées n'ont pas été conservées. Petites traces de colle dans la marge intérieure du faux-titre, une garde de papier blanc fendue en marge intérieure. Recto du faux-titre bruni ainsi que le verso du dernier feuillet (vierge), dû à l'acidité des papiers de garde.
3 500,00 €
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Référence : AMO-4100Emile Zola
Correspondance Les Lettres et Les Arts EOParis, Bibliothèque-Charpentier, Eugène Fasquelle, éditeur. 1908. 1 volume in-18 (19,5 x 15,5 cm), brochés, de (6)-376 pages. Couverture jaune imprimée. Exemplaire resté non coupé, à toutes marges. Dos fendu, petits manque en bordure de couverture (haut - marge de droite), quelques grandes marges légèrement poussiéreuses ou jaunies (acidification habituelle par les couverture). Excellent état par ailleurs. Exemplaire méritant une belle reliure. Edition originale. Un des 50 exemplaires sur papier de Hollande (n°2). Il a été tiré en outre 15 exemplaires sur Japon (tirage de tête). La Correspondance d'Émile Zola est publiée en trois parties distinctes : La première, qui forme la matière du premier volume, comprend les lettres de jeunesse, celles que l'écrivain, alors à ses débuts, écrivait à trois de ses amis et condisciples (Baille, Cézanne et Roux) ; Les lettres touchant à des questions littéraires ou artistiques et adressées pour la plupart à des confrères font l'objet du présent volume (Mirbeau, Maupassant, Céard, Valabrègue, Flaubert, Champfleury, Marius Roux, etc. ; Le troisième volume contiendra exclusivement des lettres relatives à l'Affaire Dreyfus. (avertissement imprimé). Bon exemplaire sur grand papier (Hollande).
490,00 €
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Référence : AMO-4156Emile Zola
CORRESPONDANCE. Lettres de jeunesse. Eo1 volume in-18 (18,5 x 12 cm), broché, de (6)-300-(1) pages. Couverture jaune imprimée. Exemplaire non coupé. Exemplaire à l'état proche du neuf. Un petit choc en pied du dos et du premier plat (léger manque de papier de couverture). Petite fissure en bordure extérieure du premier plat de couverture, petites fentes du papier du dos. Splendide état par ailleurs. Edition originale. Un des rarissimes exemplaires du tirage de tête à 15 exemplaires sur papier du Japon. Il porte le numéro 1 (imprimé). Il a été tiré en outre 50 exemplaires sur Hollande (formant avec les exemplaires sur Japon le tirage en grand papier). Ce premier volume de Correspondance contient les lettres de jeunesse, celles que l'écrivain, alors à ses débuts, écrivait à trois de ses amis et condisciples (Jean-Baptistin Baille, Paul Cézanne et Marius Roux). Au collège Bourbon à Aix-en-Provence, Zola, Baille et Cézanne deviennent des amis que l'on appelle les « trois inséparables ». Ils se retrouveront d'ailleurs tous les trois à Paris en 1861. On estime également que Jean-Baptistin Baille servit ainsi de modèle à Émile Zola pour un personnage des Rougon-Maquart, Louis Dubuche, tout comme Paul Cézanne lui inspira la trame de l'ouvrage et son personnage principal, Claude Lantier (voir L'Œuvre). Précieux volume, rarissime imprimé sur Japon, digne d'entrer dans les plus belles bibliothèques consacrées au chef de l'école naturaliste.
3 000,00 €
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Référence : AMO-1614Emile Zola
FÉCONDITÉ. LES QUATRE ÉVANGILES. Édition originale 1/50 ex sur JaponParis, Librairie Charpentier et Fasquelle, 1899 2 volumes in-18 réimposés in-8 (24 x 17,5 cm), brochés, couverture papier décoré imprimée en rouge, exemplaire à l'état proche du neuf, entièrement non coupé (jamais lu). ÉDITION ORIGINALE. CELUI-CI, 1 DES 50 EXEMPLAIRES SUR JAPON.Il a été tiré en outre 250 exemplaires sur papier de Hollande. Les Quatre Évangiles est le dernier cycle romanesque conçu par Émile Zola de 1898 à sa mort en 1902. Il est inachevé puisque seuls les trois premiers romans de la série, Fécondité, Travail et Vérité ont été publiés. Justice, le dernier projet du romancier, n'a été qu'ébauché.
1 600,00 €
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Référence : AMO-4147Emile Zola
La joie de vivre. Les Rougon-Macquart, histoire naturelle et sociale d'une famille sous le second empire.1 volume in-18 (19,5 x 13,5 cm) de (4)-447-(1) pages. Reliure à la bradel strictement de l'époque demi-percaline vermillon à larges coins, pièce de titre de cuir rouge, fleuron et filets dorés au dos, non rogné, à toutes marges, couvertures conservées (les deux plats, sans le dos). Reliure signée Henry-Joseph Pierson. Reliure restée très fraîche, dos non passé, coins bien piquants, papier des plats intact, intérieur très frais. Très bon état. Edition originale. Un des 150 exemplaires sur papier de Hollande. Il a été tiré en outre 10 exemplaires sur Japon (seuls grands papiers avec les 150 Hollande). A propos de La joie de vivre, voici l'extrait de la chronique donnée par Edouard Drumont, alors collaborateur assidu à la revue Le Livre d'Octave Uzanne : "[...] C'est un livre étrange que cette Joie de vivre et qui traduit aussi un des côtés de cette universelle désespérance, de ce pessimisme morne qui hante nos générations et que les générations d'autrefois ne connaissaient pas. Violente et coléreuse chez Flaubert, amène et souriante dans Heine et dans Alphonse Daudet, la haine de l'existence présente est grossière et brutale dans Émile Zola. L'auteur prend toutes les misères humaines, la goutte, l'œdème, l'accouchement difficile, l'hypocondrie, le suicide ; il recueille toutes les pestilentielles odeurs qui sortent de ces corps à demi pourris, toutes les tristesses qu'inspirent ces souffrances minutieusement décrites, il roule le lecteur là dedans et il lui dit : « Voilà la vie, mon vieux, qu'en penses-tu ? » Le livre est fort et remuant dans sa forme déplaisante, je l'ai constaté ailleurs. L'auteur, en définitive, a fait œuvre d'artiste puisqu'il s'est proposé un but et qu'il l'a atteint, puisqu'il a rendu visible une pensée qui était en lui. Rarement, par exemple, on a écrit quelque chose de plus désenchantant et de plus pénible. A l'exception de Pauline, la pupille dépouillée par les Chanteau, qui a quelque grâce, presque tous les acteurs sont affreusement bêtes, profondément égoïstes, inconsciemment malhonnêtes. L'écœurement qu'a désiré exciter le romancier vient tout spontanément aux lèvres devant tous ces personnages d'Henri Monnier proclamant au milieu d'une sorte de musée Dupuytren que Schopenhauer a raison et que la vie est un mal. Les païens eux-mêmes, Platon en tête, auraient refusé de reconnaître leur semblable dans ces êtres avilis et dégradés qui vivent d'une vie exclusivement instinctive et animale. Diogène lui-même eût préféré à ces bipèdes monstrueux le coq qu'il jeta un jour dans la salle de l'Académie et qui du moins salue d'une joyeuse fanfare le lever de l'aurore. L'avenir néanmoins consultera avec curiosité ce document humain qui a au moins le mérite de la franchise ; il connaîtra par lui la conception que le matérialisme du XIXe siècle se fait de cet homme créé à l'image de Dieu. L'œuvre, en effet, est sortie toute vivante des doctrines modernes et Zola n'a fait que donner une manifestation artistique aux théories de M. Paul Bert. [...]." (Edouard Drumont in Le Livre, Bibliographie moderne Le Mouvement littéraire, Chronique du mois, Livraison du 10 mars 1884 La Joie de vivre est le douzième volume de la série Les Rougon-Macquart. Il est publié pour la première fois entre le 29 novembre 1883 et le 3 février 1884 dans le feuilleton du Gil Blas. Ce roman oppose le personnage de Pauline, qui aime la vie même si celle-ci ne lui apporte guère de satisfactions, à celui de Lazare, être velléitaire et indécis, rongé par la peur de la mort. "La Joie de vivre est un roman de la province qui se déroule en Normandie. Pauline Quenu, devenue orpheline, est recueillie par la famille Chanteau qui l’apprécie, s’occupe d’elle et gère son argent. Leur fils, Lazare, finit par quitter le domicile familial pour poursuivre des études de médecine. Pauline l’aime : elle lui prête les fonds nécessaires pour se consacrer à sa passion. Ce premier projet, comme ceux qui suivent, est en réalité voué à l’échec. De cela découle une habitude, chez les Chanteau, de lui emprunter de l’argent, puis finalement de se servir sans même la consulter. Si Lazare est censé épouser Pauline, il s’avère que ses véritables sentiments sont ailleurs, tournés vers une autre femme nommée Louise. La jeune orpheline est ainsi exploitée financièrement par sa famille, accusée même de leur vouloir du mal, mais elle ne cesse pas de les aimer. Le pessimisme entoure le personnage, mais Pauline est un personnage ancré dans l’optimisme, qui refuse de porter un regard négatif sur la réalité, en opposition totale avec le caractère de Lazare." (Gallica, Bnf). Bel exemplaire dans un cartonnage d'époque signé particulièrement bienvenu et désirable.
2 500,00 €
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Référence : AMO-3650Emile Zola.
Le rêve. Les Rougon-Macquart, histoire naturelle et sociale d'une famille sous le second empire.Paris, G. Charpentier et Cie, 1888 1 volume in-18 (18,7 x 12,5 cm) de 310 pages. Reliure demi-maroquin rouge à larges coins, tête dorée, non rogné (tranches ébarbées), dos à nerfs, auteur, titre et millésime dorés (reliure de l'époque signée POUGETOUX). Légers frottements sur les mors, sans conséquence. Exemplaire très bien établi à l'époque en reliure signée (les couvertures jaunes n'ont pas été conservées). Intérieur parfait. Edition originale. Un des 250 exemplaires sur papier de Hollande. Il a été tiré en outre 25 exemplaires sur papier du Japon. Le Rêve est le seizième volume de la série Les Rougon-Macquart. Zola y aborde le thème de la religion, mais de façon beaucoup moins violente et polémique qu’il ne l’avait fait dans La Conquête de Plassans ou La Faute de l'abbé Mouret. Cette fois-ci, il s’intéresse à la foi populaire et au renouveau du mysticisme dans la société française de la seconde moitié du XIXe siècle. L’histoire se passe dans le Val-d'Oise, dans une ville appelée Beaumont-sur-Oise (Zola s’est largement inspiré de Cambrai pour décrire cette ville). La description de Beaumont-sur-Oise est précise, avec la ville haute ancienne et la ville basse plus moderne. La ville est accessible par la gare du Nord. L’héroïne est Angélique Rougon, fille de Sidonie Rougon et d’un père inconnu (elle est née quinze mois après le décès du mari de sa mère). Dès sa naissance, elle a été placée par la sage-femme à l’Assistance publique, puis confiée à une nourrice dans la Nièvre, à une fleuriste, et enfin aux Rabier, une famille de tanneurs qui la maltraitent. Une nuit de Noël, elle décide de fuir les Rabier et est recueillie par un couple de brodeurs, les Hubert, qui l’ont découverte transie, adossée à un pilier de la cathédrale de Beaumont. Cette famille très pieuse (ils confectionnent des broderies pour les vêtements et ornements ecclésiastiques) vit dans une toute petite maison adossée à la cathédrale. Angélique, qui est devenue la pupille des Hubert, montre beaucoup d’application et de goût pour la broderie. En même temps elle lit, et découvre la Légende dorée, un ouvrage qui va changer sa vie d’adolescente. Elle s’identifie aux martyres, rêve d’avoir le même destin glorieux qu’elles, guettant par la fenêtre l’apparition qui va changer sa vie. Cette apparition se présente finalement sous la forme d’un charmant jeune homme, Félicien, peintre verrier qu’elle identifie à saint Georges descendu de son vitrail. L’amour naît en eux, mais leurs familles s’opposent à leur mariage : d’un côté, Hubertine Hubert, sa mère adoptive, qui s’est mariée malgré l’interdiction de sa mère et estime en avoir été punie par le fait qu’elle ne peut avoir d’enfant, ne veut pas d’un mariage dicté par la passion ; même chose pour le père de Félicien, Monseigneur d’Hautecœur, entré dans les ordres à la suite du décès de sa femme et devenu évêque. Finalement, voyant qu’Angélique se consume peu à peu devant cette interdiction, les deux familles consentent au mariage. Mais Angélique meurt à la sortie de l’église, après avoir donné à Félicien son premier et dernier baiser. Bel exemplaire en condition d'époque sur beau papier de Hollande.
1 750,00 €
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Référence : AMO-4428Emile ZOLA
Nana Première édition illustrée. Un des 100 exemplaires numérotés sur papier de HollandeEdition illustrée par André Gill, Bertall, G. Bellenger, Bigot, Clairin, etc. Paris, C. Marpon et E. Flammarion, 1882 1 fort volume in-4 (30,5 x 23,5 cm) de (4)-456 pages. Illustrations hors-texte et bandeaux. Reliure ancienne pleine toile de lin crème, étiquette de titre en cuir rouge au dos, tête poncée sinon non rogné, à toutes marges. Reliure modeste, intérieur modeste. A noter un bandeau anciennement barbouillé à l'aquarelle (rose/rouge) et une figure hors-texte aquarellée/gouachée anciennement (plutôt réussi). Rousseurs éparses inégales selon les feuillets. Le feuillet de faux-titre a le recto bruni avec quelques traces de grattage et une petite perforation, le feuillet de titre a sa marge extérieure brunie avec de petites déchirures (loin du texte). Les couvertures imprimées illustrées n'ont pas été conservées. Première édition illustrée. Un des 100 exemplaires numérotés sur papier de Hollande (numéroté à la plume). Edition populaire parue en 57 livraisons et ornée de 66 compositions gravées sur bois, dont 14 en tête de chapitre et 52 à pleine page, d’après les compostions d’André Gill, Bertall, Georges Bellenger, Bigot, Georges Clairin, J. Audy et G. Nielsen. Nana, neuvième roman des Rougon-Macquart, a été publié sous forme de feuilleton dans Le Voltaire du 16 octobre 1879 au 5 février 1880, puis en volume chez Georges Charpentier, le 14 février 1880. Née en 1852 dans la misère du monde ouvrier, Anna Coupeau, dite Nana, est la fille de Gervaise Macquart et de Coupeau dont l’histoire est narrée dans L'Assommoir. Le début du roman la montre dans la gêne, manquant d’argent pour élever son fils Louis qu’elle a eu à l’âge de seize ans d'un père inconnu ; elle se prostitue, faisant des passes pour arrondir ses fins de mois. Ceci ne l’empêche pas d’habiter un riche appartement où l’un de ses amants, un riche marchand de Moscou, l’a installée. Son ascension commence avec un rôle de Vénus qu’elle interprète dans un théâtre parisien : elle ne sait ni parler ni chanter, mais l'habit impudique qui cache si peu de son corps de déesse affole tous les hommes. Elle se met un moment en ménage avec un homme qu’elle aime, le comédien Fontan. Mais celui-ci est violent et finit par la battre, la tromper et la mettre à la porte. Elle se met alors à côtoyer la prostituée Satin, avec qui elle entretiendra une liaison (Satin s'installera chez Nana, dans l'hôtel que lui a acheté le comte Muffat). Après avoir épuisé toutes ses économies, elle acceptera la manne financière proposée par Muffat qui désire par-dessus tout en faire sa maîtresse exclusive. Celui-ci met sa fortune à ses pieds, lui sacrifie son honneur et demande en retour la fidélité. Mais cette liaison le mènera au bouleversement total de son être, de ses convictions dévotes, de son comportement probe et de ses principes intègres. Il s’abaissera à une humiliation inhumaine et une complaisance révoltante, contraint d’accepter les moindres caprices de Nana qui lui fait subir les pires infamies, jusqu’à lui faire accepter la foule d’amants qu’elle fréquente, y compris Satin (même si Nana se borne à dire que « cela ne compte pas »), alors que cela représente l'humiliation suprême pour Muffat. Nana atteint le sommet de sa gloire lors d’un grand prix hippique auquel assistent Napoléon III et le tout-Paris. Une jument, nommée Nana en son honneur par son amant le comte Xavier de Vandeuvres, remporte la course. Tout l’hippodrome scande alors « Na-na », dans un délire tournant à la frénésie. Puis le déclin s'amorce. Le comte de Vandeuvres, accusé de tricherie devant la victoire suspecte car trop improbable de sa pouliche, se suicide en mettant le feu à ses écuries. Philipe Hugon est emprisonné après que ses vols dans la caisse de sa caserne ont été découverts. Son frère Georges tente de se suicider chez Nana, après avoir compris qu'elle couchait aussi avec Philippe depuis plusieurs mois. Le comte Muffat se retrouve ruiné et endetté. Accablée de dettes contractées malgré la ruine de ses amants, comprenant qu'elle ne peut pas continuer une telle fuite en avant, elle quitte Paris après avoir vendu aux enchères tous ses biens. Plus personne ne sait rien d’elle pendant plusieurs mois, jusqu’au moment où elle regagne la capitale pour aller au chevet de son fils atteint de la petite vérole. Son fils la contamine et elle tombe à son tour très malade. La nouvelle de son retour se propage comme une traînée de poudre et ses anciens courtisans accourent dans son antichambre. Et c'est son ancienne rivale, Rose Mignon, qui finalement l'assiste dans son trépas, à ses propres risques et périls. Elle qui quelques mois avant affolait encore tous les hommes de Paris meurt défigurée par la maladie, au moment où s'achève brutalement le Second Empire avec la déclaration de guerre à la Prusse. La publication de Nana fit scandale. L'édition populaire illustrée qui paraît deux ans après la première édition en librairie permet une diffusion massive de ce texte qui devint rapidement l'un des textes phares du chef de file de l'école naturaliste. Référence : Reverzy, Éléonore. « Littérature publique. L'exemple de Nana », Revue d'histoire littéraire de la France, vol. vol. 109, no. 3, 2009, pp. 587-603. Notre exemplaire mérite une nouvelle reliure. Exemplaire modeste d'un tirage rare.
1 600,00 €
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Référence : AMO-4388Emile ZOLA
PARIS. Les trois villes. édition originaleParis, Bibliothèque-Charpentier, Eugène Fasquelle éditeur, 1898 1 volume in-18 (19 x 14 cm) de (4)-608 pages. Reliure strictement de l'époque plein maroquin rouge vermillon, dos à nerfs janséniste, auteur et titre doré, millésime doré en queue "Paris 1898", double-filet doré sur les coupes, doublure de maroquin en encadrement sertie de huit filets dorés concentriques, centre de la doublure et gardes de moire vermillon, tranches dorées sur témoins (reliure signée DAVID). Reliure très fraîche. A noter deux légères éraflures sombres au bas du premier plat. Légères ombres au maroquin. Intérieur très frais. Sans le premier plat de couverture imprimée. Edition originale. Un des 300 exemplaires sur papier de Hollande. Il a été tiré en outre 30 exemplaires sur papier du Japon (et 1 exemplaire sur papier rouge). Les Trois Villes est un cycle romanesque écrit par Émile Zola entre 1893 et 1898. Il suit directement le cycle précédent du romancier : Les Rougon-Macquart. Son héros, l'abbé Pierre Froment, sert de fil rouge aux trois romans, Lourdes, Rome et Paris, dans lesquels Zola s'interroge sur la place de la religion dans la société moderne, mais aussi sur la confrontation entre une bourgeoisie rayonnante face à un monde ouvrier misérable. Un voyage dans les Pyrénées conduit Zola à Lourdes en 1891, où il observe effaré « un monde de croyants hallucinés ». Il annonce son projet sur la ville miraculeuse en juillet 1892, dans le périodique Gil Blas, « sans intention malveillante ». Sous la conduite du baron Malet et sous celle de M. de Lacvivier, le 25 août 1892, Zola visita la Grotte, le magasin des cierges, le bureau des envois de l’eau de Lourdes, puis le rosaire, la Crypte et la Basilique. Ces deux notables inspirèrent le personnage du baron Suire dans Lourdes et sont directement nommés dans Mes voyages ; Lourdes, Rome. Puis repart pour le centre de pèlerinage, voyage à l'issue duquel il décide de scinder l'œuvre à venir en deux romans, avec Rome. À l'automne, il rajoute Paris, « la part du socialisme qui ouvre vers le XXe siècle » aux deux premiers, concevant finalement un nouveau cycle portant sur la place du religieux dans la société française de la fin du XIXe siècle. Il écrit : « Ma trilogie, qui contiendra le bilan religieux, philosophique et social du siècle, sera moins pessimiste que le reste de mon œuvre, et animée d'un souffle d'idéal et d'espoir ». Lourdes paraît le 25 juillet 1894, après avoir été publié en feuilleton dans Gil Blas. L'intrigue expose cinq journées d'un pèlerinage mettant en scène l'abbé Pierre Froment, personnage fil rouge du cycle. Le roman peint tout à la fois la souffrance des pèlerins dans leur foi et « le besoin de surnaturel persistant chez l'homme malgré les conquêtes de la science ». Il dénonce aussi les escroqueries à la guérison, les rivalités entre les différents courants du clergé, les Pères de la grotte assimilés à de nouveaux marchands du temple. Les réactions à la publication de Lourdes sont immédiates, la polémique lancée par Mgr Ricard est reprise et alimentée par la droite catholique. Elle aboutit à la mise à l'Index du roman et de toute l'œuvre d'Émile Zola. Cependant, le livre remporte un succès énorme, vendu à cent vingt mille exemplaires en un mois, troisième roman de Zola le plus vendu au 1er mars 18985. Le second volume des Trois Villes, Rome, place l'action dans la ville sainte, où Pierre Froment est venu défendre son livre, La Rome nouvelle contre une éventuelle mise à l'Index. Il s'y mêle une histoire d'amour sous une forme mélodramatique, puisque les deux amants Dario et Benedetta meurent victimes du poison des Borgias, des tableaux sans concessions du Pape et de son clergé, mais aussi de belles descriptions d'une Rome tridimensionnelle (antique, religieuse et moderne en pleine construction). C'est l'occasion pour Zola de dresser le bilan d'un « néochristianisme » qui tente d'assimiler la modernité d'une conscience universelle en évolution, au carrefour des XIXe et XXe siècles. Comme toujours, le romancier s'est très sérieusement documenté, voyageant pendant six semaines à Rome et en Italie fin 1894. Mais malgré sa demande, il ne fut pas reçu par le Pape Léon XIII. Rome est publié simultanément en feuilleton dans Le Journal à Paris et dans La Tribuna à Rome à partir de décembre 1895 jusqu'à mai 1896. Le volume est en librairie le 8 mai 1896. Les réactions sont partagées, avec une nouvelle polémique logiquement issue des milieux de la droite cléricale et conservatrice. Sa presse ne trouve aucun intérêt dans le roman, et dresse la liste des invraisemblances qui gâteraient l'ouvrage. Zola est même accusé de plagiat à l'occasion d'une campagne visant à lui barrer une fois de plus l'entrée de l'Académie française, et il se doit de répondre par un article très documenté en exposant toutes ses sources. Mais déjà, le romancier pense à clore sa trilogie. L'idée de Paris est venue à Zola en septembre 1892. Le contexte anarchiste des années 1892-1894 avec leurs attentats, mais aussi la révélation du Scandale de Panama, qui met en cause une part du monde politique républicain et la sphère financière, inspirent l'écrivain. Pierre Froment est donc toujours le personnage principal. Ayant perdu toute foi, il décide de se consacrer à la charité envers les plus pauvres, sans succès. Il s'oppose à son frère chimiste et anarchiste, concepteur d'un nouvel explosif surpuissant, qui veut changer le monde par l'usage de la terreur et de la violence. Le héros comprend alors la nécessité d'un renouvellement organisationnel de la société pour combattre la misère. Zola brosse aussi le tableau du Paris de l'argent, de la politique et du plaisir, en opposition à l'extrême pauvreté qui pousse à l'anarchie. Rédigé de janvier à août 1897, le roman est d'abord publié dans Le Journal d'octobre 1897 au 9 février 1898. La parution de l'ouvrage tombe en pleine affaire Dreyfus, au moment où Zola publie J'Accuse...!. Le romancier décide de décaler la parution de Paris au 1er mars 1898, à la demande de son éditeur, Charpentier. Comme il était possible de s'y attendre, la réaction de la presse de droite conservatrice est d'autant plus hostile que des personnalités d'extrême droite, comme Édouard Drumont se sont reconnus au fil des chapitres. La critique véhémente du livre se conjugue au lynchage médiatique consécutif à la condamnation de Zola. À gauche, Jaurès affirme que « Paris est une protestation hardie contre toutes les puissances de mensonge et de servitude ». Léon Blum quant à lui, écrit : « Jamais M. Zola n'a développé avec plus de lucidité et de force sa vision optimiste de l'humanité en marche ». Cette trilogie aujourd'hui éclipsée et délaissée au profit des Rougon-Macquart constitue selon Zola lui-même, un "bilan religieux, philosophique et social du siècle, [qui] sera moins pessimiste que le reste de mon œuvre, et animée d'un souffle d'idéal et d'espoir." Superbe exemplaire en maroquin de l'époque, condition rare et toujours désirable pour les éditions originales de Zola.
2 000,00 €
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Référence : AMO-3863Emile Zola
TRAVAIL. Les quatre évangiles.Paris, Bibliothèque-Charpentier, Eugène Fasquelle, 1901 2 volume in-8 (23,5 x 18 cm), brochés, de (4)-329-(1) et (4)-338-(1) pages. Couvertures rempliées en papier décoré orange. Exemplaires non coupés, à toutes marges. Couvertures partiellement et légèrement éclaircies, deux minuscules taches noires sur le premier plat du second volume, volumes parfaitement conservés par ailleurs. Édition originale. Tirage de luxe à 30 exemplaires sur papier du Japon (n°13). Il a été tiré en outre 200 exemplaires sur papier de Hollande et quelques exemplaires sur papier rouge (selon Clouzot, p. 281). Travail est le dernier roman publié du vivant de l'auteur. Il s'agit d'un roman d'un nouveau genre pour Zola, puisque c'est une œuvre d'anticipation construite sur la volonté générale de progrès social et sur les évolutions industrielles de la fin du XIXe siècle. L'enquête préparatoire est encore plus détaillée que pour Germinal. Alors que les idéaux socialisants appellent à une lutte des classes sanglante, Zola aspire à une entraide. Il écrit : « je veux montrer toute cette vieille charpente sociale craquant sous la poussée démocratique, la question de la réorganisation du travail se posant comme la question-mère de la société future pour une juste distribution des richesses. » L'Exposition universelle de 1900, qui a passionné Zola, est incontestablement en filigrane du roman. Les progrès techniques ont une place centrale dans le récit, avec la Fée électricité, de nature à résoudre tous les maux de l'humanité ou la sidérurgie moderne, qu'il va observer près de Saint-Étienne aux Aciéries et Forges d'Unieux. Il prône aussi des idéaux comme « l'abolition du salariat » en exaltant le travail « nécessaire et noble ». La rédaction du roman débute en mars 1900 et s'achève en février 1901. Il est publié en feuilleton dans L'Aurore à partir de décembre 1900 et en volume chez Fasquelle en mai 1901. L'œuvre est reçue avec bienveillance à gauche, avec des critiques enthousiastes, de Jaurès notamment. Les associations coopératives, disciples de Fourier, voient en Zola un allié de poids et lui organisent un banquet le 9 juin 1901. Zola meurt asphyxié dans son appartement le 29 septembre 1902. Il laisse le troisième volet des Quatre évangiles intitulé Vérité terminé mais non corrigé. Il sera publié de manière posthume dans la presse entre septembre 1902 et février 1903, et publié en volumes chez Charpentier en mars 1903. Dans Vérité Zola transpose l'affaire Dreyfus dans le domaine de l'instruction publique, principalement illustrée par le combat des laïcs et des cléricaux. Enfin, le quatrième et dernier volet des Quatre évangiles, intitulé Justice, n'a subsisté qu'à l'état de projet. Il n'a jamais été écrit par Zola qui n'en n'a pas eu le temps. Selon les quelques notes laissées par Zola et retrouvées, ce livre devait prôner la création d'une République universelle. Le cycle des Quatre évangiles, aujourd'hui méconnu des lecteurs de Zola, se voulait profondément utopique et réformateur. L'immense cycle des Rougon-Macquart paru entre 1870 et 1893, somme naturaliste était le constat quand les Quatre évangiles s'annonçaient comme les solutions. A propos de ce cycle des Quatre évangiles, Zola écrivait : « C'est la conclusion naturelle de toute mon œuvre, après la longue constatation de la réalité, une prolongation dans demain, et d'une façon logique, mon amour de la force et de la santé, de fécondité et du travail, mon besoin latent de justice, éclatant enfin. Tout cela basé sur la science, le rêve que la science autorise. Je suis content surtout de pouvoir changer ma manière, de pouvoir me livrer à tout mon lyrisme et à toute mon imagination. » "[...] La science, la vérité seule émancipera l’homme toujours davantage, le fera le maître de sa destinée, lui donnera la souveraineté du monde, en réduisant les forces naturelles au rôle de dociles servantes […]" (extrait). Très bon exemplaire, à l'état proche du neuf, du rare tirage sur papier du Japon.
1 650,00 €
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Référence : AMO-2294Ernest TARBOURIECH.
La Cité Future. Essai d'une utopie scientifique.Ernest TARBOURIECH. La Cité Future. Essai d'une utopie scientifique. Paris, P.-V. Stock, 1902 [imprimerie A. Pichat, Châtillon-sur-Seine]. 1 volume in-12 (18,5 x 11,5 cm) de 484 pages. Reliure de l'époque demi-chagrin noir, dos à nerfs, filets dorés, initiales V. B. en queue. Bel exemplaire, parfaitement conservé, imprimé sur papier "sain" (non cassant) à contrario de la plupart des éditions sur papier ordinaire de l'éditeur P.-V. Stock. Édition originale. Exemplaire sur papier d'édition. Il n' a été tiré que 5 exemplaires sur papiers de Hollande. Cet ouvrage important contient un programme politique et social novateur basé sur le collectivisme et le socialisme pratique. Loin des idéologies pures, il s'agit ici de créer un nouveau modèle de société. Ernest Tarbouriech (1865-1911) était docteur en droit. Il publia en 1896 un essai sur La Responsabilité des accidents dont les ouvriers sont victimes dans leur travail, et il enseigna au Collège des sciences sociales de Bruxelles dont il fut l'un des fondateurs. Dreyfusard et militant de la première heure à la Ligue des Droits de l'Homme, il adhère au parti socialiste en 1900. Il fut l'un des intellectuels qui contribua à forger la doctrine socialiste. Il fut un grand défenseur des droits des femmes. En 1910, moins d'un an avant sa mort, il est élu député S.F.I.O. du Jura. "La Cité future n'est pas une fable, une fiction utopique, mais une réflexion sérieuse et approfondie, appuyée sur la science ainsi que l'indique le sous-titre, une science au service du progrès et du socialisme et non pas seulement garante de la conservation de l'ordre comme chez Jules Strada. Tarbouriech imagine une société collectiviste basée sur six formules : à chacun selon ses besoins, à chacun selon ses forces, chaque individu doit trouver un intérêt dans la prospérité du groupe, hommes et femmes se partagent sur un pied d'égalité les travaux domestiques et la production sociale, le collectivisme sera national : la communauté politique de base reste en effet la nation. Ces principes généraux une fois posés, Tarbouriech examine dans le détail l'organisation à venir de la société collectiviste. En ce qui concerne la grande ville et Paris en particulier, La Cité future affiche un programme sévère : la société doit être purifiée du miasme urbain. Paris exerce une attraction délétère sur les oisifs "millionnaires traînant leur stupide existence", sur les déchets sociaux qui ne travaillent pas mais mendient et trafiquent, les "chasseurs de pièces de cent sous". (extrait de Les deux Paris, Jean-Pierre A. Bernard, p. 120) "Les institutions que je me plais à faire fonctionner par la pensée, les règlements que j'expose comme si j'avais sur ma table les Codes Collectivistes, au lieu du recueil des lois bourgeoises, les pratiques administratives dont je parle au présent comme si je vivais en l'an 2000, tout cela n'est pas le produit de mon imagination, ce n'est que l'adaptation à l'économie collectiviste qui triomphera un jour, d'éléments empruntés à la vie contemporaine. Si mon rêve d'avenir mérite de retenir l'attention, ce sera par ses constantes allusions au présent." (dernier paragraphe de la Cité future). La Cité future sera réimprimé en 1910 avec mention de seconde édition, seul tirage avec celui de 1902. Bel exemplaire.
720,00 €
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Référence : AMO-2038[Ernst GERHARD]
Historische Nächte Suite de 5 eaux-fortes érotiques.S.d. [Berlin ? 1925 ?] Dimensions des cuivres : 8,5 x 8,5 cm environ. Dimension de la feuille : 19 x 13,5 cm environ. Feuilles contrecollées (marge haute) sur support passe-partout artisanal (amateur). Chaque gravure porte un titre en allemand au crayon avec un numéro. Les voici : 1. Die Entflührung (l'enlèvement) 2. Der Spielmann (le ménestrel) 3. Narr und Nonne (le fou et la nonne) 4. Pagendienst (le Page) 5. Die Courtisane (la courtisane) Nous n'avons pu trouver que très peu d'informations sur cet artiste berlinois. Nous avons noté d'autres suites de gravures érotiques, publiées à la même époque. Ses gravures ne devaient être tirées qu'à très petit nombre si l'on se réfère à la rareté des épreuves actuellement sur le marché. TRÈS RARE SUITE DE 5 EAUX-FORTES ÉROTIQUES PAR ERNST GERHARD.
1 500,00 €
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Référence : AMO-3002Estienne Binet (R. P. de la Compagnie de Jésus, Jésuite).
Remèdes souverains contre la peste et la mort soudaine. Avec des prières pour cet effect. Par le R. P. Estienne Binet, de la Compagnie de Jésus.1 volume in-12 (150 x 88 mm) de 6 ff. n. ch. et 248-(3) pages. Reliure strictement de l'époque (première reliure) en parchemin souple, titre à l'encre en haut du dos. Ecriture enfantine de l'époque (XVIIe s.) au second plat. Quelques ressauts de cahiers sans gravité. Bon papier. Collationné complet. Nouvelle édition parue un an après les premières éditions datées de 1628. Cet connut un succès considérable si l'on s'en tient au nombre d'éditions parues entre 1628 et 1629. Ainsi on répertorie une édition donnée à Vienne, par Jean Poyet (1628), à Besançon, par Denys Couché (1628), à Bourg-en-Bresse, par Jean Tainturier (1628), une édition de Grenoble, par Huet (1629) avec mention de troisième édition, à Lyon, chez François La Bottière (1629), à Pont-à-Mousson (sans nom, 1629), outre notre édition de Paris, chez Chappelet (1629). Il semblerait donc que la volonté ait été de disséminé jusqu'en province ce manuel à l'usage chrétien effrayé de la peste. La première édition semble être celle de Besançon (1628) dans laquelle l'imprimeur Denys Couché dédie son travail à la ville de Besançon, protégée du fléau de la peste par les prières publiques organisées par le gouverneur de la ville et les édiles publiques. Bien que présentes au catalogue collectif des bibliothèques de France, toutes ces éditions sont rares si l'on se réfère à leur quasi absence sur le marché du livre rare. Estienne Binet (1569-1639) est né à Dijon. Il occupa des rôles importants au sein de la Compagnie de Jésus. Condisciple de François de Sales, on lui doit plus d'une quarantaine d'ouvrages de piété. On a écrit de lui qu'il avait « un style clair et gracieux », d' « une spiritualité souriante » proche de celle de son ami de toujours François de Sales, son oeuvre abondante fournissant encore l'occasion d' « une lecture spirituelle à la fois plaisante et profitable ». Blaise Pascal est moins indulgent avec lui dans ses Provinciales : « Mais si vous voulez, mes Pères, avoir maintenant le plaisir de voir en peu de mots une conduite [...] qui porte véritablement le caractère de l'esprit de bouffonnerie, d'envie et de haine, je vous en donnerai des exemples. Et afin qu'ils vous soient plus connus et plus familiers, je les prendrai de vos écrits mêmes. Car, pour commencer par la manière indigne dont vos auteurs parlent des choses saintes, soit dans leurs railleries, soit dans leurs galanteries, soit dans leurs discours sérieux, trouvez-vous que tant de contes ridicules de votre Père Binet, dans sa Consolation des malades, soient fort propres au dessein qu'il avait pris de consoler chrétiennement ceux que Dieu afflige? [...] ». Il ne faut chercher aucune médecine du corps dans ces pages mais seulement une médecine de l'âme destinée à soulager les pêcheurs, à les entraîner au repentir et à la contrition, la peste, cette terrible maladie contagieuse, alors encore non explicitée, à les mener à la "bonne mort", digne, sereine. "L'ouvrage est écrit d'une plume assez différente, dans son expression, de celle qui rédigea Consolation et réjouissance. Elle est, dans l'ensemble, moins pittoresque, moins truculente, légèrement conventionnelle et académique ; celui qui attend de notre jésuite quelque description putride et vermineuse serait déçu. La décence règne d'un bout à l'autre et presque la mesure. Cependant l'ouvrage ne manque pas d'intérêt et mériterait d'être offert au public. Il offre des envolées et des tirades du meilleur effet. L'idée principale soutenue par le P. Binet anticipe sur les thèses de Leibniz au sujet de l'existence du meilleur des mondes possibles. L'optimisme chrétien est poussé à l'extrême du paradoxe : la peste est un bienfait. La terreur qu'elle inspire repose sur une erreur de jugement. Elle ouvre la porte du ciel à des milliers de gens qui, continuant de mener leur vie terrestre de pécheurs insouciants, risqueraient bien d'aller rôtir en enfer après leur mort. Elle est une bénédiction pour les enfants qui n'ont pas le temps de grandir et d'offenser le bon Dieu. Celui qui a le coeur droit, l'âme légère et l'esprit éclairé par la grâce n'a rien à redouter. Toute cette réflexion illustre parfaitement la doctrine du stoïcisme chrétien, très répandue chez les Jésuites. Sénèque est maintes fois cité. La prière vaut mieux que tous les aphorismes d'Hippocrate et toutes les recettes de médecine. [...]" (Consolation et réjouissance pour les malades et personnes affligées en forme ... Etienne Binet, Claude Louis-Combet, note subséquente). "La littérature vouée à l'évocation des grandes épidémies de peste, du XIVe au XVIIIe siècle, met ordinairement l'accent sur la détresse des populations frappées par ce fléau, contre lequel les ressources de la médecine s'avéraient totalement impuissantes. L'imagination de la peste a nourri non seulement l'angoisse des contemporains mais le pathos des artistes et des écrivains. A l'opposé de toute littérature doloriste, cet opuscule d'Etienne Binet, composé en temps et lieu de ravages pestilentiels, veut éveiller l'esprit du lecteur au jeu de la grâce qui se trame dans les malheurs de l'époque. Un optimisme radical court à travers ces pages qu'inspirent quelques vérités élémentaires de la foi chrétienne. Dieu ne peut vouloir le mal. La peste, dans son implacabilité destructrice, doit être déchiffrée comme un signe, un message que le Ciel adresse à l'humanité afin de la remettre sur la voie véritable du salut." (Présentation de l'édition présentée par Claude Louis-Combet, Editions Jérôme Millon, 1998). "Que craignez-vous, la mort, ou la peste, ou tous deux ? Avez-vous point honte de craindre ce que vos laquais bravent, et dont une chambrière de village se moque, et meurt toute debout, et les enfants mêmes s'en jouent dans le berceau. N'avez-vous pas bien autant de courage qu'un garçon de village, et mille femelettes qui ne daignent pas avoir peur. [...]" (extrait). Provenance : La Martinière (signature autographe sur la page de titre). Il pourrait s'agir, selon les dates et la thématique de l'ouvrage, de Pierre Martin de La Martinière (1634-1676 ? 1690 ?), physicien, chirurgien et voyageur né à Rouen. La Martinière a traité de la peste dans plusieurs de ses ouvrages notamment son Opérateur ingénu enseignant les vérités etc, avec un discours sur la maladie pestilente de l'année 1668. Dans cet ouvrage il y dénonce les charlatans parmi les opérateurs (médecins et chirurgiens). Il y propose des remèdes contre la peste. Bel exemplaire de cet ouvrage rare conservé dans sa première reliure
1 900,00 €
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Référence : AMO-2344Etienne CABET
Révolution de 1830, et situation présente (juillet 1832) expliquées et éclaircies par les Révolutions de 1789, 1792, 1799 et 1804, et par la Restauration, par M. Cabet, député de la Côte d'Or.Paris, Aguste Mie, 1832 1 volume in-8 (21 x 13,5 cm) de (1)-XIV-389-(1) pages. Reliure de l'époque demi-basane maroquinée caramel, dos lisse à faux-nerfs ornés dorés et à froid, fleurons à froid, plats de papier raciné, tranches marbrées. Quelques légers frottements à la reliure, en bel état. Intérieur avec quelques rousseurs habituelles, la deuxième moitié du volume en est quasi exempte. Beau papier chiffon. Édition originale. "Ce que je prévoyais est arrivé : la colère du pouvoir m'a forcé de comparaître devant les tribunaux ; mais les juges du pays ont condamné mon accusateur. Cependant, mon but ayant été d'être utile en éclairant la masse du peuple, ma tâche n'est point encore accomplie : il me reste à donner à mon ouvrage la plus grande publicité. J'en fais donc une seconde édition à 10.000 exemplaires, au plus bas prix possible, afin que les citoyens les plus pauvres puissent en faire l'acquisition. [...]"(extrait). Cette première édition, qui valut un procès à son auteur, est bien complète des débats parlementaires sur l'Italie, la Pologne et la Belgique. Ce dijonnais, fils d'un maître-tonnelier, né en 1788 et mort à Saint-Louis (Missouri, USA) en 1856, était un théoricien politique français, classé parmi les socialistes utopiques par Karl Marx et Friedrich Engels, qui lui opposent un socialisme scientifique. Il se définissait lui-même comme "communiste". Il participe activement à l'insurrection de juillet 1830. Élu député de la Côte-d'Or en juillet 1831, il fonde en septembre 1833, Le Populaire, un journal ultra-démocratique dans lequel il attaque avec violence le gouvernement de Louis-Philippe. Interdite deux ans plus tard, la publication reparaît en mars 1841, encore plus virulente que dans la première version. Condamné en 1834 à deux ans de prison pour délit de presse, il préfère se réfugier en Angleterre, où il fréquente notamment Martin Nadaud (1815-1898)4, le maçon de la Creuse en passe de devenir député. Grâce à l’apport de ce dernier et de réformistes anglais, dont Robert Owen (1771-1858), philanthrope communisant, il poursuit sa formation politique. Lors de ce séjour, il découvre également les conditions déplorables dans lesquelles travaillent les ouvriers dans les usines britanniques. C'est en 1840, à Londres, qu'il écrivit l'ouvrage pour lequel il est le plus connu, Voyage en Icarie (publié pour la première fois sous ce titre en 1842 et sous son véritable nom), description d'une cité idéale. Il fonda en 1848 une communauté utopique du même nom, Icarie, sur les bords de la rivière Rouge, au Texas. Elle sera active jusqu'en février 1895 (dissoute par défaut de colons suffisants pour assurer la production). La société idéale de Cabet est basée sur cet axiome : « La passion aveugle pour la liberté est une erreur, un vice, un mal grave. » Pour Cabet c’est l’intérêt supérieur de la communauté auquel doivent se soumettre toutes les volontés et toutes les actions. Agréable exemplaire en reliure de l'époque décorative de l'édition originale peu commune.
600,00 €
BOOK
Référence : AMO-3279Étienne CABET
Voyage en IcarieParis, Au Bureau du Populaire, 1848. Typographie Félix Malteste et Cie. 1 volume in-12 (18,5 x 12 cm) de (4)-VIII-600 pages. Broché. Exemplaire resté non coupé (jamais lu). Extérieur et intérieur très frais, sans rousseurs, couvertures propres avec quelques légères salissures et marques (dos intact). Cinquième édition. L'aventure de l'ouvrage fondamental d'Étienne Cabet est une des plus intéressantes du XIXe siècle. Ce dijonnais, fils d'un maître-tonnelier, né en 1788 et mort à Saint-Louis (Missouri, USA) en 1856, était un théoricien politique français, classé parmi les socialistes utopiques par Karl Marx et Friedrich Engels, qui lui opposent un socialisme scientifique. C'est en 1840, à Londres, qu'il écrivit ce Voyage en Icarie (publié pour la première fois sous ce titre en 1842 et sous son véritable nom), description d'une cité idéale ; et fonda en 1848 une communauté utopique du même nom, Icarie, sur les bords de la rivière Rouge, au Texas. Son Voyage en Icarie est le plan détaillé d'une utopie communiste. Dans sa préface, Cabet le présente comme « un véritable traité de morale, de philosophie, d'économie sociale et politique », qu'il invite ses lecteurs à « relire souvent et étudier ». Les malheurs de l'humanité sont selon Cabet dus à la « mauvaise organisation de la Société », résultant dans son « vice principal », l'« Inégalité ». La première partie de Voyage en Icarie décrit un jeune aristocrate anglais découvrant sur l'île Icaria une « grande Nation organisée en Communauté », une république — mais Cabet précise dans sa préface qu'il s'agit là d'une res publica au sens large : « Une Monarchie réellement représentative, démocratique, populaire, peut être mille fois préférable à une République artistocratique », explique-t-il. La deuxième partie de l'ouvrage, plus didactique, explique comment la transition s'est effectuée, d'une « grande et vieille Nation » en une « Communauté », grâce à un « Régime transitoire » démocratique. Cabet expose les théories et les doctrines du régime communautaire. Selon Cabet, les communistes sont les disciples, les imitateurs et les continuateurs de Jésus-Christ et des premiers Chrétiens, qui avaient eux-mêmes renoncé à la propriété individuelle. Cabet propose de revenir à ce communisme primitif en éliminant d’abord ce qu'il voit comme la principale cause de la décadence actuelle, l'« Inégalité ». "(…) L'inégalité de fortune, la propriété et la monnaie, enfantent les privilèges et l'aristocratie, puis l'opulence et la misère, puis la mauvaise éducation, puis la cupidité et l'ambition, puis tous les vices et tous les crimes, puis tous les désordres et le chaos, puis toutes les calamités et toutes les catastrophes. Oui, examinez, réfléchissez, remontez, dans toutes les sociétés, à l'établissement de la propriété et de la monnaie, et surtout de l'illégalité illimitée de fortune, remontez de faits en faits, d'événements en événements, d'institutions en institutions, de législateurs en législateurs, de causes secondes en causes premières, de conséquences en principes, de nécessités en nécessités, de jour en jour et de siècle en siècle : vous trouverez toujours et partout, pour cause unique du mal, opulence et misère !" (Extrait) "Et par conséquent le remède, l'unique remède du mal, c'est la suppression de l'opulence et de la misère, c'est-à-dire l'établissement de l'égalité, de la communauté de biens et d'une bonne éducation. (…)" (Extrait) "Avec la communauté, plus de pauvres ni d'oisifs ; plus de crimes ni de supplices, plus d'impôts ni de police, plus de contestations ni de procès, plus d'inquiétudes ni de soucis ; tous les citoyens amis et frères ; tous non seulement heureux, mais également heureux !" (Extrait)
450,00 €
BOOK
Référence : AMO-56ÉTINCELLE (pseudonyme de Madame la Baronne Double née Henriette-Marie-Adelaïde Biard d'Aunet)
L’IRRÉSISTIBLE.Paris, Calmann Lévy, Ancienne Maison Michel Lévy, 1893 [impr. Chaix, Paris]. 1 volume in-18 (19,5 x 13 cm) de (3)-340 pages. Reliure demi-maroquin marron à larges coins, dos lisse orné, filets dorés, tranche supérieure dorée, non rogné (reliure de l'époque signée CANAPE). Les couvertures imprimées n'ont pas été conservées. Dos légèrement éclairci, à l'état proche du neuf, intérieur immaculé. ÉDITION ORIGINALE. UN DES 10 EXEMPLAIRES DE TÊTE SUR PAPIER IMPÉRIAL DU JAPON. De son nom de jeune fille Henriette-Marie-Adelaïde Biard d'Aunet était née en Suisse en 1848. Elle épousa en premières noces le vicomte Jules de Peyronny (mariage du 1er juillet 1863), puis en secondes noces le Baron Double, et c'est précisément cette union qui nous intéresse ici. Le baron Double, célèbre collectionneur, bibliophile émérite, chasseur de reliures historiques aux armes des plus grands personnages et des rois, avait littéralement craqué pour les beaux yeux de la veuve Peyronny. "Le baron Lucien Double (1848-1895) a été élevé au milieu des livres de la bibliothèque de Louis XIV que son père, Léopold, avait acquise en 1848. Ses deux centres d'intérêt étaient les livres de provenance royale ou princière et les livres d'une haute curiosité bibliographique (incunables, etc.). Sa bibliothèque fut dispersée à Paris en 1897 (Jean-Paul Fontaine). Le baron double souffrait donc pour les yeux de la belle dame Peyronny... et comme l'écrit si bien Jules Clarétie dans La vie à Paris en 1896 : "Le Baron Double, le collectionneur célèbre, l'homme qui, de son salon, avait fait un Louvre, un musée de curiosités uniques, avec tel vase de porcelaine, le fameux vase de Fontenoy, qui valait quatre cent mille francs, le baron, libre de sa destinée et de sa vie, rencontre, un jour, une femme charmante (en général on évite de rencontrer les autres... NDLR...), d'un esprit délicat et supérieur, avec la bonté dans cet esprit, - ce qui est rare ; il s'en éprend, il veut l'épouser, il la supplie de lui donner sa main, et, comme est mariée, séparée, comme il faut du temps pour le divorce, on demande le secours d'une législation étrangère, ... et l'on divorce en Saxe. Le mariage du baron a lieu, le père du baron (Léopold) adore sa belle-fille, les salons de la baronne s'ouvrent à tout ce que Paris compte de notoriétés et même d'illustrations. (...)". Et voilà comment un second mariage, célébré à l'étranger (Londres), en 1885, rend la toute nouvelle baronne Double coupable de Bigamie, son premier mariage n'ayant été annulé qu'en 1887 ! Et tout un imbroglio s'en suit... cette affaire défraiera la chronique mondaine parisienne pendant de nombreuses années. En 1896, la cour d'appel de Paris prononce un arrêt pour l'annulation pure et simple de ce second mariage en raison du caractère frauduleux de sa naturalisation. La Baronne Double ou celle qui se faisait appeler comme cela dans les cercles mondains du tout Paris à la fin des années 1880 n'était pas que cela... elle était femme de plume ! Et elle s'en sortait très honorablement si l'on en croit la presse de l'époque et la critique. Elle écrivait dans les journaux et publiait des livres sous le pseudonyme prédestiné d’Étincelle ! Je vous invite à lire L'histoire de Madame la Baronne Double ICI. BEL EXEMPLAIRE PARFAITEMENT ÉTABLI A L'EPOQUE DE CE ROMAN DE MOEURS BOURGEOIS ET ARISTOCRATIQUES. TRES RARE SUR PAPIER IMPERIAL DU JAPON.
600,00 €
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Référence : AMO-3014Eugène Demolder. Félicien Rops
Etude Patronymique par Eugène Demolder, avec quelques reproductions brutales de devises inédites du temps. 1/6 ex. Chine + autographeRené Pincebourde, Libraire-éditeur, Paris, 1894 1 fascicule grand in-8 (28,5 x 20 cm), broché de 25 pages + 1 cahier en feuille sous feuillet imprimé comprenant 10 photogravures des devises (ici chacune en 3 états, soit 30 épreuves au total, tirées en sanguine, noir et bistre). Couverture imprimée ornée de la vignette dessinée par Rops pour Charles Baudelaire. Exemplaire tel que sorti des presses, absolument comme neuf. La couverture a été protégée durant tout ce temps (plus d'un siècle) par une autre couverture muette en papier de Chine épais (déchirée). Edition originale tirée sur divers papier. Celui-ci, 1 des 6 rarissimes exemplaires sur papier de Chine contenant 3 états des gravures. Cet exemplaire a été offert par Félicien Rops à un amateur et accompagné de : - 1 spirituel petit billet autographe daté du 2 mars 1894 à Paris. Adressé à un "Cher Monsieur", Rops lui demande de venir le lendemain dans la matinée. Rops écrit : "je n'écris plus, j'ai assez écrit depuis que je suis au monde." Ce petit billet est épinglé sur une bande de papier faisant office de marque-page. Joint également le catalogue des oeuvres de Félicien Rops en vente chez Pincebourde à Paris (4 pages in-8). On joint : - 1 portrait de Félicien Rops gravé par Burney en 1887. Tirage sur vélin fin appliqué. Signature de Félicien Rops en fac-similé au bas de la gravure. Dimensions de la feuille : 28 x 18 cm environ. Dimensions du portrait : 12,5 x 8 cm environ. Très belle épreuve sans rousseur, parfaitement conservée. - 3 héliogravures imprimées à la fin de l'année 1884 par E. Charreyre d'après une aquarelle originale de Félicien Rops pour Son Altesse la Femme d'Octave Uzanne. Le Vray Mirouër de Sorcellerie. L'amour aux champs. La femme au pantin. Du rare tirage à 100 exemplaires sur Japon. Onglet de brochage en marge gauche. Feuilles : 28,5 x 18,5 cm. Gravure : 17,5 x 12 cm. Il s'agit d'épreuves tirées sur vélin comme il se doit et recollées partiellement sur feuille de grand Japon. La correspondance de Félicien Rops permet de savoir les détails de cette "brochurette" destinée aux collectionneurs de Félicien Rops, initiée par Eugène Demolder (son cousin éloigné et futur gendre - il épouse sa fille Claire en 1895). Rops n'était pas satisfait de cette publication qui selon lui vantait trop ses mérites et son histoire personnelle. Par ailleurs il dénonce dans ses courriers les nombreuses fautes d'impression qui émaillent ce travail et l'appât du gain du libraire Pincebourde. Rops s'est réservé quelques exemplaires qu'il a distribué à ses amis les plus proches. Rops dénonce également le procédé de reproduction médiocre de ces devises. Sur les 10 devises, 4 sont de Félicien Rops lui-même et les 6 autres ont été dessinées pour Charles Baudelaire, Catullet Mendès, Jules Barbey d'Aurevilly, Anna Judic, Armand Sylvestre et l'éditeur Auguste Poulet-Malassis. Le tirage de cette plaquette est composé d'exemplaires sur Hollande non justifiés (1 seul état des planches), 50 exemplaires sur Japon (avec 1 seul état des planches), de 6 exemplaires sur Chine (avec 3 états des planches). Rops dans sa correspondance parle d'une nouvelle édition dont les fautes affreuses seraient corrigées mais nous n'en n'avons pas trouvé la trace dans les bibliographies. A propos des devises dessinées et écrites par Rops voir Anamorphoses décadentes: l'art de la défiguration, 1880-1914 (Hélène Védrine, Devises et bigarrures, p. 95 et suiv. Exemplaire de la plus grande rareté du tirage à 6 exemplaires sur Chine contenant 3 états des gravures, enrichi d'un spirituel billet autographe de Félicien Rops, d'un portrait et de 3 héliogravures publiées en 1884. Superbe exemplaire absolument dépourvu de rousseurs (ce qui est exceptionnel pour ce papier).
3 250,00 €
AUTOGRAPH
Référence : AMO-3899Eugène Demolder. Félicien Rops.
Etude Patronymique par Eugène Demolder, avec quelques reproductions brutales de devises inédites du temps. + Billet autographe"Dis-lui & à tout le monde d'ailleurs que l'on me trouvait le premier dessinateur d'ici - tout simplement. Il faut s'affirmer ! C'est de toute nécessite ! Je le vois de plus en plus. A charge et à décharge de revanche. F." Félicien Rops, autographe à Henri Liesse, non daté Eugène Demolder. Félicien Rops. Etude Patronymique par Eugène Demolder, avec quelques reproductions brutales de devises inédites du temps. René Pincebourde, Libraire-éditeur, Paris, 1894 1 fascicule grand in-8 (28,5 x 20 cm), broché de 25 pages + 1 cahier en feuille sous feuillet imprimé comprenant 10 photogravures des devises. Couverture imprimée ornée de la vignette dessinée par Rops pour Charles Baudelaire. Exemplaire tel que sorti des presses, absolument frais. Edition originale tirée sur divers papier. Celui-ci, un des exemplaires sur papier de Hollande contenant 1 état des gravures. Exemplaire accompagné d'un spirituel billet autographe de Félicien Rops à son ami Henri Liesse (voir photo), monté en tête. Le tirage de cette plaquette est composé d'exemplaires sur Hollande "à petit nombre" non justifiés (1 seul état des planches), 50 exemplaires sur Japon (avec 1 seul état des planches), de 6 exemplaires sur Chine (avec 3 états des planches). Rops dans sa correspondance parle d'une nouvelle édition dont les fautes affreuses seraient corrigées mais nous n'en n'avons pas trouvé la trace dans les bibliographies. A propos des devises dessinées et écrites par Rops voir Anamorphoses décadentes : l'art de la défiguration, 1880-1914 (Hélène Védrine, Devises et bigarrures, p. 95 et suiv. Bel exemplaire resté très frais et enrichi d'un autographe de Félicien Rops.
1 850,00 €
AUTOGRAPH
Référence : AMO-2439Eugène Paillet
Trois lettres autographes d’Eugène Paillet[1] bibliophile, Président des Amis des Livres, à Octave Uzanne (1890).Lettre I. Paris – 28 février 1890. [3 pages in-12 sur papier vergé crème]. Mon cher confrère, Ci-joint une vingtaine de notices sur « Paris qui Crie[2] ou les Petits métiers. » De cette façon vous pouvez prendre l’air de la maison, ruminer votre provende et pondre une jolie petite Préface : … J’espère que Mr. Prudhomme n’aurait pas dit mieux. Mais nous sommes, très, très pressés et nous n’attendons plus que vous pour paraître au grand jour. Après les coups réitérés dont vous nous frappez dans le Livre Moderne[3], sans relâche et sans indulgence exagérée, il faut que nous publions (sic) au plus vite un volume pour riposter à pareille artillerie. Or il sera assez coquet de vous voir escarmoucher dans notre Préface en faveur des Amis des Livres[4]. Qu’elle soit vive, brève, peu poussée et bien troussée, votre Préface, d’ailleurs comme vous savez les faire. Je ne vous en demande pas long, mais bon et prompt ; si c’était possible, avant votre départ pour les pays étranges[5]. Je vous rappelle que les gravures seront peinturlurées et que le texte est dû à la collaboration des membres de la société. [1] Eugène Paillet (1829-1901) est le fondateur de la société des Amis des Livres. C’était un ardent bibliophile. Sa bibliothèque fut vendue en trois fois, dont deux ventes de son vivant. - Bibliothèque d'un bibliophile, 1865-1885. Lille, Danel, 1885, petit in-8, XVI + 149 pp + (1) f. Ce catalogue à été édité à 200 exemplaires tous numérotés sur vergé de Hollande. 1000 livres sont décrits. - Catalogue des livres de la bibliothèque de M. Eugène Paillet. Paris, Damascène Morgand, 1887, in-8 avec un portrait, 170 pages, tirage à 797 exemplaires numérotés, les exemplaires sont sur grand papier vélin d'Arches. - La bibliothèque de feu M. Eugène Paillet (Président de la Société des Amis des Livres). Paris, Damascène Morgand, 1902, 2 vol. in-8. [2] Paris qui crie (petits métiers). Notices par Albert Arnal, Henry Spencer, Ashbee, Jules Claretie, Abel Giraudeau, Henry Houssaye, Henri Meilhac, Victor Mercier, Eugène Paillet, Jean Paillet, Roger Portalis, E. Rodrigues. Préface de Henri Beraldi. 1 vol. petit in-4°, 1890. 30 dessins en couleurs de Pierre Vidal, tirés au patron. Imprimé par G. Chamerot. [3] Le Livre Moderne est la nouvelle revue éphémère que vient d’entreprendre Octave Uzanne à la fin de l’année 1889. Elle comptera 24 livraisons mensuelles, soit deux années d’existence (1890 et 1891). Uzanne inflige de sévères critiques à peine voilées aux Amis des Livres dirigés par Eugène Paillet et ce dès les premières pages de sa nouvelle revue : « Soit qu’il nous plaise de résumer en un court chapitre la théorie de l’illustration moderne, soit qu’il nous convienne de parler du format des livres d’art, soit enfin que la fantaisie nous porte à partir en guerre contre la routine de nos éditeurs les plus en renom, dont l’esprit de nouveauté, de recherche et d’originalité se donne si peu carrière, on peut être assuré que nous ne faiblirons pas à notre tâche et que nous irons toujours de l’avant, sans crainte de nous attirer les sarcasmes et les calomnies des bibliophiles vieux jeu, rétrogrades, fermés aux visions du progrès et qui, loin de s’appeler amis des livres, méritent par leurs préjugés et leurs errements le qualificatif plus juste d’ennemis du Livre. (…) » (Nos variations futures sur l’art du livre et le livre d’art moderne, p. 5). Il poursuit ses acides critiques envers les Amis des Livres p. 58-60 « Les collègues de M. Eugène Paillet manifestent une impatience légitime et trouvent que la Société (des Amis des Livres) est d’un platonisme navrant. » et plus loin : « Franchement il serait temps que les Amis des Livres montrent qu’ils ne sont pas morts, frappés par l’influenza du lazaronisme et la malaria de l’indifférence. » (On-dit, racontages et anecdotes du monde des curieux). On lit encore dans la livraison du 10 février 1890 (p. 133) : « (le trésorier venant d’être renouvelé le 14 janvier) Rien d’autre à signaler ; le Comité ayant été nommé à nouveau sans autre changement, maître Eugène Paillet en tête, à cette présidence qu’il occupe si bien avec toutes les qualités requises, courtoisie, belle humeur et autorité sereine. » (Le monde des livres – ce qui s’y dit, s’y fait, s’y prépare). [4] Eugène Paillet ne manque pas d’humour en disant cela. Il sait comme les Amis des Livres sont maltraités par Uzanne dans le Livre Moderne et pourtant une demande de Préface lui a été faite. [5] Nous ne savons pas vers quelle destination Uzanne devait partir dans le courant de 1890, peut-être Anvers ? (exposition Plantin). Agréez, mon cher confrère, l’assurance de mes sentiments tout dévoués. Eugène Paillet Mr. Meilhac[1] fait l’article du Café-concert et Mr. Clarétie[2] m’a remis celui de la Bouquetière. Ces deux notices ne sont pas encore imprimées, c’est pourquoi je vous les signale, sans vous les envoyer. Ashbee[3] a composé en anglais une définition du Distributeur de Prospectus. Ne faites pas attention aux incorrections des placards – ils ne sont pas encore corrigés. Lettre II. Paris – 7 mai 1890. [2 pages petit in-12 sur papier vélin crème]. [1] Henry Meilhac, né le 21 février 1831 à Paris où il est mort le 6 juillet 1897, est un auteur dramatique, librettiste d'opérettes et d'opéras français. Après ses études au collège Louis-le-Grand, Henry Meilhac travailla tout d'abord comme employé dans une librairie. Puis il continua comme dessinateur au Journal pour rire, de 1852 à 1855, sous le pseudonyme de Thalin, et donna des articles dans diverses revues où se signalait déjà sa fantaisie dans le plus pur esprit boulevardier. Meilhac était grand, bel homme, bon vivant, amateur de jolies femmes jusqu'à rester célibataire. Avec Ludovic Halévy, rencontré en 1860, il entama une collaboration de près de vingt ans, donnant les livrets des plus célèbres opérettes de Jacques Offenbach dont La Belle Hélène (1864), La Vie parisienne (1866), La Grande-Duchesse de Gérolstein (1867) et La Périchole (1868) et aussi de Carmen de Georges Bizet (1875). Il signa également les livrets d'opérettes de Charles Lecocq et de Hervé. Le duo composa aussi des vaudevilles et des comédies: Les Brebis de Panurge (1863), Fanny Lear (1868), Froufrou (1869), Tricoche et Cacolet (1872), Le Prince (1876), La Cigale (1877), Le Mari de la débutante (1879). Des deux duettistes, Henri Meilhac apportait en propre une fantaisie irrésistible, confinant parfois à la loufoquerie. Gagnant beaucoup d'argent, il en dépensait beaucoup, cherchant l'inspiration dans les grands restaurants, les cigares et le champagne. Meilhac et Halévy fréquentèrent le salon littéraire de Geneviève Halévy ou l'on rencontrait Lucien Guitry, Paul Bourget ou Joseph Reinach, entre autres. La collaboration de Meilhac et Halévy cessa en 1881. Meilhac signa également des pièces avec d'autres collaborateurs, notamment Mam'zelle Nitouche (1883) avec Albert Millaud (1844-1892) et Manon de Jules Massenet avec Philippe Gille. Il encouragea les débuts de Georges Feydeau. Il fut élu à l'Académie française le 26 avril 1888 au fauteuil 15, en remplacement d'Eugène Labiche. [2]Arsène Arnaud Claretie, dit Jules Claretie, né à Limoges le 3 décembre 1840 et mort à Paris le 23 décembre 1913, est un romancier et auteur dramatique français, également historien et chroniqueur de la vie parisienne. Jules Claretie collabore à de nombreux journaux, notamment au Figaro et au Temps, sous plusieurs pseudonymes. Il tient la critique théâtrale à L'Opinion nationale, au Soir, à La Presse. Ami d'Étienne Arago, il publie une analyse de ses Mémoires dans Le Temps du 28 mai 1892. Historien, il compose entre autres une Histoire de la Révolution de 1870-1871. Il publie de nombreux romans, tels que Monsieur le Ministre, Le Million et Le Prince Zilah, parmi lesquels plusieurs sont adaptés pour la scène. En 1894, il écrit pour Massenet le livret de La Navarraise et celui d' Amadis, tiré d'Amadis de Gaule, roman chevaleresque de Garci Rodríguez de Montalvo, qui n'est créé qu'après la mort des deux artistes, le 1er avril 1922 au Grand théâtre de Monte Carlo. Il est président de la Société des gens de lettres. En 1882 et 1883, il est vice-président de la Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques. De 1885 à 1913, il est administrateur général de la Comédie-Française, dont il ouvre les portes à des auteurs contemporains tels que Paul Hervieu, Henry Bataille et Octave Mirbeau, dont il fait jouer Les affaires sont les affaires et, à contre-cœur et contraint par une décision de justice, Le Foyer. Il est élu membre de l'Académie française le 26 janvier 1888. [3] Henry Spencer Ashbee (21 April 1834 – 29 July 1900) was a book collector, writer, and bibliographer, notorious for his massive, clandestine three volume bibliography of erotic literature written under the pseudonym of Pisanus Fraxi. Mon cher confrère, J’attends toujours votre Préface pour les « Cris de Paris ». Jusqu’à présent nous ne vous avons pas tourmenté ; mais voilà que nous n’attendons plus que vous pour mener à fin notre lambine entreprise. Allons un peu de courage à la plume – Envoyez moi bien vite votre avant propos pour que Chamerot[1] l’imprime de son mieux et que notre ouvrage paraisse enfin dans toute sa gloire. Je compte, mon cher confrère, sur votre gracieuse complaisance et vous prie d’agréer l’assurance de mes sentiments dévoués. Eugène Paillet Lettre III. Paris – 14 mai 1890. [2 pages grand in-12 sur papier vergé crème]. Mon cher confrère, Je regrette beaucoup qu’au dernier moment, vous renonciez à écrire la Préface de « Paris qui Crie ». De cette résolution les Amis des Livres ne se consolent pas facilement, puisqu’ils vont être privés d’un mets savoureux, dont ils se régalaient à l’avance. Quant à votre serviteur, le voila contraint de faire appel à un bibliographe moins accablé de besogne[2] ; mais auquel il faudra toujours un certain temps pour composer sa copie. Vous voyez qu’il n’y a pas de notre faute et vous n’avez plus le cœur de nous plaisanter dans le Livre, sur notre lenteur à produire un ouvrage. Quoi qu’il en soit, je suis persuadé que, seules, vos occupations vous empêchent de nous accorder votre collaboration et je souhaite que vous n’assumiez pas un travail trop considérable qui finirait par vous fatiguer. Mais, si vous n’écrivez pas pour nous, il ne faut pas nous priver de votre présence et nous serions tous très heureux de vous voir à la première réunion des Amis des Livres. Elle aura lieu au mois de juin. Agréez, mon cher confrère, avec l’expression de tous nos regrets, l’assurance de mes sentiments dévoués. Eugène Paillet [1] C’est bien Georges Chamerot qui imprimera le volume pour les Amis des Livres. [2] C’est finalement à Henri Beraldi qu’échouera la Préface de Paris qui crie. Henri Beraldi (1849-1931), presque exact contemporain d’Octave Uzanne, était un éminent biblio-iconophile. Il est connut comme bibliographe pour ces deux ouvrages sur les graveurs du XVIIIe et du XIXe s., et comme historien pour son ouvrage sur les Pyrénées. C’est lui qui prit la présidence des Amis des Livres au décès d’Eugène Paillet en 1901.
480,00 €
ARTIST_BOOK
Référence : AMO-3282Evelyne Wilhelm (texte). André Stempfel (illustration)
Même le cri. Poème d'Evelyne Wilhelm. Avec huit eaux-fortes originales d'André Stempfel.S.l. [octobre 1963] 1 volume grand in-4 (28,5 x 22,5 cm) en feuilles, de 11 feuillets de texte + 8 eaux-fortes hors-texte (cuivres de taille variable). Chemise de papier. Chemise et étui pleine toile de l'éditeur (le premier plat est orné d'une composition abstraite tirée en rouge), titre en rouge imprimé au dos. Rousseurs sur la chemise en papier sinon exemplaire à l'état proche du neuf. Edition originale. Tirage à 40 exemplaires. "Achevé d'imprimer le 18 octobre 1963. Il a été tiré de cet ouvrage 40 exemplaires sur vélin pur chiffon des papeteries d'Arches." Exemplaire 18 signé par l'artiste. Chaque estampe est signée par l'artiste et numérotée 18/42 (le tirage doit donc être de 42 épreuves). Joli livre d'artiste au tirage confidentiel orné de compositions abstraites. "Sous la dalle j'ai vainement brûlé l'orage qui roule, car enfin l'écorce que j'interroge, m'arrache des hommes. [...] Chante, chante, souffle de ma sève, l'amer me dépouille. Je m'unis aux voix d'un poignet. Mouvement d'éphémères solitudes d'une plante que l'on presse rien ne me protège que l'intime devoir d'aimer... l'ormeau achève de mûrir en ma gorge mon amour, à peine était-ce l'enfant qui bâille. Le temps germe d'odeurs. [...]." (extrait). Le poème est daté de l'automne 1961. Le peintre André Stempfel est né à Villeurbanne en 1930. Très jeune, André Stempfel s’initie à la peinture auprès d’une académie lyonnaise dirigée par un disciple d’Albert Gleizes. En 1958, il arrive à Paris et fréquente l’Académie de la Grande Chaumière où il élabore lentement, en un cheminement solitaire, un style personnel. Les formes se simplifient, les couleurs se raréfient pour aboutir aujourd’hui à un jaune unique d’où émane une énergie lumineuse incomparable. Depuis 1970, date à laquelle un incendie détruit complètement son atelier, une partie de son activité s’oriente vers des commandes publiques et des installations dans des espaces urbains. Depuis 1980, il participe au groupe MADI. Il a aussi collaboré (comme Bertrand Dorny) à la collection Osmose (livres d'art à tirage limité) créée en 1979 par Daniel Lacotte, collection qui associait l'œuvre originale d'un peintre à celle d'un poète. André Stempfel marie rigueur et humour dans une œuvre qui se situe entre art construit et art concret. Cette œuvre s'est exprimée à la fois sur la toile et dans la réalisation monumentales dans l'architecture. (Source Wikipédia / Bénézit). Très bel exemplaire de ce livre d'artiste devenu introuvable.
950,00 €
ART_PRINT
Référence : AMO-4491Félix BUHOT Barbey d'Aurévilly
Estampe originale L'Ensorcelée 2e état etching gravueFélix Buhot (1847-1898), estampe originale (eau-forte), 2ème état. Tirage sur papier vergé. 1888. "Ex libris d'eaux-fortes pour L'Ensorcelée de Mr. J. Barbey d'Aurevilly. Lemerre ed." Format du cuivre 219 x 152 mm. Format de la feuille 286 x 192 mm. Superbe estampe originale publiée dans la livraison du 10 mars 1888 du Livre, revue bibliophilique et bibliographique fondée et dirigée par Octave Uzanne. Belle épreuve sur papier vergé. Protégée par son papier fin d'époque. Etching and drypoint. A very fine proof on laid paper. 2nd state of 2. Good margins. Félix Buhot était ami avec Octave Uzanne, ce qui explique que cette estampe inédite est donnée dans cette revue de luxe destinée aux bibliophiles. Référence : Bourcard et Goodfriend, 116, état définitif. L’Ensorcelée ou La Messe de la Croix-Jugan de Jules Barbey d’Aurevilly a été publiée pour la première fois en feuilleton en 1852, puis édité en 1854. Comme le rappelle Jean-Luc Dufresne, les illustrations pour L’Ensorcelée et Le Chevalier Destouches furent « réalisées spontanément, sans aucune commande » par Buhot, qui rencontra Barbey d’Aurevilly en 1872. Celui-ci le présenta à l’éditeur Alphonse Lemerre. Barbey d’Aurevilly appréciait grandement le travail de Buhot qui, disait-il, « [rêvait] avec une tête identique à la [sienne] ». Barbey meurt l'année suivante, en 1889 (23 avril). Les estampes originales de Félix Buhot sont très recherchées des amateurs.
600,00 €
BOOK
Référence : AMO-94FORBERG (Fréd.-Ch.)
[MANUEL D’ÉROTOLOGIE CLASSIQUE DE FORBERG] MANUAL OF CLASSICAL EROTOLOGY (De figuris Veneris). By Fred. Chas. Forbert. Latin text and litteral english version. First and Second volume (complete).Manchester, On hundred copies privately printed for Viscount Julian Smithson M. A. and friends, 1884. [1895-1900 ? Brussels ?, Charles Carrington ?] 2 volume petits in-8 (20,5 x 13,5 cm), brochés, XVIII-261 et (3)-250 pages. Pages de titre imprimées en rouge et noir. Très belle impression sur beau papier vergé de type Hollande. Exemplaire en grande partie non coupé, non rogné, comme neuf, tel que paru. A noter seulement le bas des dos légèrement grignoté par un rongeur un tantinet érotomane mais pas criminel. Rien de grave donc. Couvertures de brochage imprimées en rouge et noir sur papier satiné en très bon état, à peine salies. Volumes solidement brochés. TRÈS RARE PREMIÈRE ÉDITION ANGLAISE IMPRIMÉE A 100 EXEMPLAIRES SEULEMENT. Cette édition suit en tous points, y compris dans le tirage limité à 100 exemplaires, l'édition donnée en français par Alcide Bonneau et Isidore Liseux en 1882 dans le Musée Secret du Bibliophile. De figuris Veneris (On the figures of Venus) is an anthology of ancient Greek and ancient Roman source texts on erotic topics, discussed objectively and classified and grouped by subject matter. It was first edited and published by the German classicist Friedrich Karl Forberg in 1824 in Latin and Greek as critical apparatus to his Antonii Panormitae Hermaphroditus, a reprint of Hermaphroditus. It was later published as a separate work and translated into various languages. It concludes with a list of 90 sexual positions. De figuris Veneris has been translated as into English as Manual of classical erotology, into French as Manuel d’érotologie classique by Alcide Bonneau (one French edition was illustrated by Édouard-Henri Avril) and into Spanish as Manual de erótica clásica. It contains : Foreward Of Copulation Of Pederastia Of Irrumation Of Masturbation Of Cunnilingues Of Tribads, Tribad Of Intercourse with Animals Of Spintrian Postures, Spintrian Enumeration of the Erotic Postures. The work of Venus may be accomplished with or without the help of the mentula (virile member). If with the mentula, the friction of this organ, in which friction the whole pleasure consists, can be effected either in the vulva (female organ), in the anus (arse-hole), in the mouth, by the hand or in any cavity of the body. If without the mentula, the vulva may be worked either with the tongue, with the clitoris, or with any object resembling the virile organ (Manual of Classical Erotology, 23). Nous avons lu dans un catalogue ancien que ces deux volumes sortiraient de l'officine de Charles Carrington, alors à Bruxelles. Chose impossible en 1884 si l'on fait naître Charles Carrington en 1867 ! (il n'aurait eu que 17 ans ! - possible cependant si comme d'autres sources l'affirment, Carrington nait en 1857 ! Si tel était le cas, l'impression serait alors antidatée et serait plus probablement de la période 1907-1912 (Carrington est à Bruxelles). La traduction de l'ouvrage serait de Smithson. Nous pensons que la similitude entre l'édition Liseux de 1882 et cette édition anglaise datée 1884 est trop évidente pour en faire une édition des premières années du XXe siècle. Nous pensons donc que ces deux volumes ont bel et bien été imprimés en 1884 à très petit nombre, comme indiqué. Nous lisons ailleurs la date donnée de 1899 pour ces deux volumes. Autant dire que personne n'est d'accord sur l'histoire de cet ouvrage. BEL EXEMPLAIRE, BROCHÉ, TEL QUE PARU, D'UN LIVRE TRÈS RARE POUR NE PAS DIRE INTROUVABLE.
1 300,00 €
BOOK
Référence : AMO-4498FOURIER, Charles.
Théorie des Quatre Mouvemens et des Destinées Générales. Prospectus et Annonce de la Découverte.A Leipzig [i.e. Lyon], 1808 1 volume in-8 (20 x 12,5 cm) de (4)-425-(3) pages et un grand tableau dépliant (replié relié entre les pages 56 et 57). Reliure strictement de l'époque demi-basane fauve, dos lisse orné de plattes dorées en guise de faux-nerfs, fleurons dorés, pièce de titre de maroquin rouge, plats de papier marron. Quelques usures (coins, plats, coupes, légères fentes en tête des mors, légères marques et éraflures au dos, le tout sans gravité), intérieur frais. Quelques rousseurs peu pregnantes aux premiers et aux derniers feuillets. Quelques annotations manuscrites, corrections et rajouts, notamment sur le grand tableau dépliant. Collationné complet. Edition originale rare du premier livre de Fourier.
9 000,00 €
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Référence : AMO-3456François RABELAIS. Laszlo BARTA (illustrateur).
GARGANTUA selon le texte de l'édition critique publiée par Abel Lefranc chez H. Champion. Quarante eaux-fortes de Barta.Aux éditions de la Cigogne, Fontenay-aux-Roses, 1934 1 volume in-folio (33 x 26 cm), broché, 197-(6) pages. 40 eaux-fortes en noir dans le texte et hors-texte. Lettrines historiées gravées sur bois par l'artiste. Exemplaire très frais, proche du neuf. Tirage à 218 exemplaires seulement. Celui-ci, un des 18 exemplaires de collaborateur (celui-ci sur vélin de Rives) imprimé pour Maître Joseph Amic. Le tirage comprend un exemplaire unique, 25 exemplaires sur Montval, 160 exemplaires sur vélin de Rives et 18 exemplaires de collaborateurs sur divers papiers. Exemplaire enrichi de 2 lettres autographes de l'artiste Laszlo Barta adressée à M. Joeph Amic pour qui l'exemplaire a été imprimé. Ces deux lettres datées des 17 et 23 décembre 1934 donnent le sentiment de l'artiste sur son livre : "J'espère que cet ouvrage vous plaira, car c'est un des livres que j'ai le mieux réussi, et d'après l'avis de P. Champion et nombre de rabelaisiens, c'est un des plus beaux Rabelais illustrés jusqu'à ce jour." Laszlo Barta était peintre et mosaïste. Il est né en 1902 à Nagykoros en Hongrie et s'est fixé en France en 1926. Naturalisé français, il est mort en 1961. Il a conçu des décors et illustré plusieurs livres (Carmen, Gargantua, Femmes de Verlaine, etc.) pour bibliophiles. Bénézit indique d'après le témoignage de la veuve de l'artiste : « vu les circonstances après 1932 [...], il [L. Barta] avait jugé prudent, avec l'accord de son éditeur et vu sa situation d'apatride : Hongrois et Israélite, de substituer à son vrai nom le pseudonyme de Brutus, dès lors qu'il s'agissait d'ouvrages un peu spéciaux - érotiques - ornés pour la plupart de gouaches originales. » Laszlo Barta s'est également essayé à l'eau-forte pour illustrer quelques ouvrages de bibliophilie tel que celui que nous présentons. Très belle édition illustrée par Barta du Gargantua de Rabelais. Le style des eaux-fortes est à rapprocher d'un Brueghel l'Ancien. Le comique et les personnages déformés gonflés jusqu'à l'excès sont tout à fait en accord avec le texte de Rabelais et l'époque à laquelle il a été écrit. Bel exemplaire tel que paru de ce superbe livre illustré.
1 195,00 €
BOOK
Référence : AMO-4242François-René de Chateaubriand
Le ConservateurFrançois-René de Chateaubriand, Fiévée, Marie-Barthélémy de Castelbajac, le comte O'Mahony, le vicomte de Bonald, l'abbé de Lamennais, Villèle, Charles-Marie d'Irumberry de Salaberry, et Joseph Fiévée, etc. Le Conservateur. Paris, Au bureau du Conservateur, chez Le Normant Fils, 1818-1820. De l'imprimerie de Le Normant (Rue de Seine). 6 volumes in-8 (21,6 x 13,8 cm environ) de 632, 656 (erreur de pagination entre 93 et 113 - sans manque - conforme aux autres exemplaires), 624+8 pages, 640, 632 et 640+16 pages. Cartonnage strictement de l'époque plein papier bleu nuit, dos lisses ornés de filets dorés, titres et tomaisons dorés. Reliures en très bon état, légers frottements aux plats, dos et coiffes. Intérieur frais malgré quelques rousseurs habituelles. Quelques pâles mouillures sans gravité. Bon papier chiffon (assez fin). Tirage unique et complet de ce périodique "ultra-royaliste". Ensemble bien complet de tout ce qui a paru de ce périodique ultra-royaliste dirigé par Chateaubriand et quelques amis liés à la cause monarchique. Soit au total 78 livraisons imprimées d'octobre 1818 à mars 1820. La devise de ce journal est imprimée en exergue de chaque page de titre : "Le Roi, la Charte et les Honnêtes Gens." Les auteurs dénonçaient principalement la politique du gouvernement d'Armand Emmanuel du Plessis de Richelieu puis celle d'Élie Decazes, accusés de défendre des intérêts révolutionnaires mettant en péril la Charte de 1814. Dans ses Mémoires d'Outre-tombe, Chateaubriand estime que la "révolution opérée par ce journal fut inouïe : en France, il changea la majorité dans les Chambres ; à l'étranger il transforma l'esprit des cabinets". Le Conservateur a cessé de paraître en 1820, afin de protester contre le projet de loi sur le rétablissement de la censure. Il a été relié en outre dans cet exemplaire deux plaquettes intitulées : Pourquoi les ministres ont-ils retiré la loi qu'ils avaient proposée sur leur responsabilité ? (8 pages - signé Grignon D'Auzouer - imprimerie Le Normant) et De l'Espagne et de la France par M. A. de F*** () (16 pages - auteur resté inconnu - imprimerie de Le Normant). "En résumé, c'est dans ce recueil justement célèbre, foyer ouvert à tous les regrets, à tous les ressentiments à toutes les exagérations des ultra, qu'il faut surtout chercher la politique royaliste pendant les dix-huit mois qu'il vécut. A sa dissolution, quelques-uns île ses rédacteurs, en tête desquels était Lamennais, fondèrent Le Défenseur, journal religieux, politique et littéraire. 1er mars 1820-11 oct. 1821. 6 vol. in-8°. Cette nouvelle feuille devint le champion ardent, passionné et pour ainsi dire officiel de la philosophie de Lamennais. Il y eut pour collaborateurs MM. de Bonald, Saint-Victor, Genoude, le cardinal de la Luzerne, Lamartine, etc." (Hatin, p. 340). "Quant à nous, nous ne craignons rien. Nos principes sont ceux de la religion, de l'ordre et de la justice : tôt ou tard nous triompherons avec ces principes. La vérité renversera toujours l'édifice de l'erreur et du mensonge. Partout où le paganisme avait placé ses faux dieux, le ciel envoya un destructeur; chaque temple païen vit un Barbare armé à ses portes. La Providence n'arrêta la torche et le levier que quand la race infidèle fut changée : alors une croix s'éleva sur les monuments, et tout fut dit." (Chateaubriand, extrait du Conservateur). Références : Hatin, Bibliographie historique et critique de la presse périodique française etc., pp. 338-340. Provenance : Notre exemplaire faisait partie de la bibliothèque du Comte de Salaberry, avec son ex libris présent dans chacun des volumes. Charles-Marie d'Irrumberry, comte de Salaberry, né à Paris le 6 septembre 1766 et mort à Fossé (Loir-et-Cher) le 7 janvier 1847. Il était militaire, homme de lettres et homme politique. Petit-neveu de l'amiral Vincent de Salaberry de Benneville, Charles-Marie d'Irumberry de Salaberry est le fils Charles Victoire François d'Irumberry de Salaberry, président à la chambre des comptes de Blois et propriétaire du château de Pezay, influencé par Paul Boësnier de l'Orme 1 et qui sera guillotiné en 1794, et d'Anne-Marie Le Gendre de Lormoy (belle-sœur d'Antoine-Jean Amelot de Chaillou et de Jean-Nicolas Dufort de Cheverny). Il prit part à l'Armée des émigrés, puis participa à la guerre de Vendée au côté des royalistes. En 1801, il se trouve mêlé à l'Affaire Clément de Ris ; il fait partie de l'équipée destinée à la libération du sénateur. En 1810, il accueille Madame de Staël dans son château de Fossé. En août 1815, il devient un député ultra-royaliste de la Restauration pour le département de Loir-et-Cher ; il le restera jusqu'à mai 1830. Il collabore alors au Correspondant et au Conservateur (fondé par Chateaubriand). Provenance des plus intéressantes donc pour cette feuille ultra-monarchiste. Très intéressant exemplaire conservé dans son cartonnage d'époque et provenant de la bibliothèque de l'un des collaborateurs et auteurs de ce célèbre journal ultra-royaliste. Très bon exemplaire plus que complet (2 plaquettes ajoutées).
1 450,00 €




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![Trois lettres autographes d’Eugène Paillet[1] bibliophile, Président des Amis des Livres, à Octave Uzanne (1890).](https://static.livre-rare-book.com/pictures/AMO/amo-2439_1.jpg?w=200)
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