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Les Regretz complaintes et confusion. de Jean Vallette dit de Nogaret par la grace d'Henry de Valois Duc d'Espernon, grand Animal de France & bourgeois d'Angolesme sur son despartement de la court. De Nouveau mis en lumière, par un des valets du premier tournebroche de la cuysine du commun dudit Espernon.
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O Dieu, que t'ay-je faict, moy paouvre miserable / Quand aujourd'hui n'a lieu en le terte habitable (incipit).Rarissime satire en vers composée et imprimée par Olivier de Minières contre Jean-Louis de Nogaret de La Valette, duc d'Épernon (1554-1642), le plus illustre — et le plus détesté — des favoris de Henri III.Le titre dit tout : Épernon, désigné comme « grand Animal de France » — jeu de mot satirique sur son titre d'Amiral de France qu'il portait depuis 1587 —, est raillé comme simple « bourgeois d'Angoulême ». La pièce répond à un épisode précis et humiliant : une clause secrète de l'Édit d'union signé le 15 juillet 1588 entre Catherine de Médicis, le cardinal de Bourbon et le duc de Guise avait contraint Épernon à ne conserver qu'un seul de ses nombreux gouvernements. Il choisit l'Angoumois, perdant la Provence — donnée à son frère Bernard — et la Normandie. Le 24 juillet 1588, informé par le médecin du roi de l'accord passé avec l'Union catholique, il quitta la cour en disgrâce et fit son entrée à Angoulême le 27 juillet 1588. Trois jours plus tard, la municipalité ligueuse reçut l'ordre royal de ne pas le laisser entrer en ville. Le 10 août, les bourgeois tentèrent de prendre d'assaut le château où il résidait. Épernon jouait en réalité un jeu ambigu entre la Ligue et Henri de Navarre, ce que lui reprochaient également les ligueurs angoumoissins — d'où la satire d'Olivier de Minières.Une édition de la même pièce, intitulée La Grande Diablerie de Jean Vallette, parut la même année (1589), ornée d'un portrait avec une devise finale. Le dernier feuillet du présent exemplaire contient au recto un huitain contre « D'O, Grillon et Biron, Espernon, La Valette ».Fils de l'imprimeur-libraire d'Angoulême Jean de Minières, Olivier de Minières fut attesté imprimeur de la ville dès 1567, mais ne publia pas sous son propre nom avant août 1581, alors qu'il était associé à son père. Il était toujours en activité en 1602 (BnF). « C'est l'année 1491 que, d'accord avec tous les bibliographes, nous faisons remonter l'imprimerie à Angoulême. Au XVIe siècle les Minières doivent être cités parmi les principaux imprimeurs d'Angoulême ; Jean de Minières est le chef de cette famille, et son fils Olivier à la fin du siècle, doit être remarqué entre tous » (Deschamps, 457).Bel exemplaire dans une reliure signée Koehler.Brunet, IV, 1189 ; Rothschild, III, 2222.
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